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Congo-Brazzaville: arrestation de l’opposant André Okombi Salissa

Page Facebook de l’ancien ministre congolais André Okombi Salissa, arrêté ce mardi 10 janvier 2017 dans son pays.Facebook / André Okombi Salissa

Par RFI Publié le 10-01-2017 Modifié le 11-01-2017 à 10:15

On l’a appris ce mardi 10 janvier 2017. L’opposant congolais André Okombi Salissa a été arrêté avant l’aube à Brazzaville. Ancien ministre passé à l’opposition, il vivait dans la clandestinité depuis la réélection de Denis Sassou-Nguesso. Il était recherché pour détention d’armes et tentative d’atteinte à la sécurité intérieure de l’Etat.

Selon plusieurs sources concordantes, policières y compris, André Okombi Salissa a été interpellé. Cela se serait passé dans la résidence où il se cachait, au nord de Brazzaville, entre 3 h et 4 h ce mardi.

Son chauffeur, qui se trouvait avec lui, a dû être hospitalisé. Selon l’un des collaborateurs de l’opposant, André Okombi Salissa a été envoyé à la Direction générale de surveillance du territoire (DGST) après être passé par les locaux de la sécurité présidentielle.

Mais la DGST, interrogée par la famille de l’ancien ministre, a nié le détenir. Ses proches se disent très inquiets de ne pas savoir où il se trouve, et quel sort lui est réservé. « On vient de perdre un frère, arrêté il y a deux mois, et mort sous la torture il y a deux semaines », se désole sa sœur cadette.

André Okombi Salissa a été ministre sans discontinuer de la fin des années 1990 jusqu’en 2012. Il était ensuite passé dans l’opposition et s’était présenté à la présidentielle de mars 2016. Il est poursuivi pour détention d’armes et tentative d’atteinte à la sécurité intérieure de l’Etat.

Selon les autorités, l’interpellation s’est faite sans violence, dans le cadre d’une enquête de flagrance. Elles ajoutent qu’André Okombi Salissa sera présenté devant les instances de jugement. Son avocat, Me Maurice Tihall, dénonce une machination. «Il se cachait parce qu’il craignait pour sa sécurité, parce qu’il a eu des menaces et puis on a vu ce qui s’est passé pour les autres opposants. Et puis récemment, il a perdu un frère qui a été torturé. Et on a fabriqué ça de toutes pièces pour l’arrêter. C’est quelqu’un qui a toujours servi son pays, ce n’est pas du tout du genre à fomenter une atteinte à la sûreté de l’Etat. Ce n’est pas du tout sérieux», défend-il.

Pour Claudine Munari, présidente de la fédération d’opposition Frocad-IDC-CJ3M, l’ancien ministre paye son ambition présidentielle. «Tout ce qui se passe au Congo aujourd’hui tourne autour de la reconnaissance ou non de ce hold-up électoral. On a commencé par le général Mokoko, aujourd’hui c’est Okombi Salissa, et on dit demain à qui le tour ? Depuis un an, il y a Paulin Makaya. Croyez-moi, ce qui se passe au Congo, n’est pas du tout rassurant», alerte-t-elle.

André Okombi Salissa est aussi député et bénéficie à ce titre d’une immunité parlementaire. Le procureur, pour sa part, a refusé de répondre à nos questions ce mardi.

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