home RD Congo, Société RDC : Le Lycée Prince de Liège se sépare « définitivement » de ses deux enseignants proxénètes

RDC : Le Lycée Prince de Liège se sépare « définitivement » de ses deux enseignants proxénètes

Le scandale sexuel avec attouchements sur des élèves qui a secoué l’Asbl Lycée Prince de Liège de Kinshasa que l’on prenait pour une affabulation des enfants et que nous dénoncions a fini par faire prendre conscience à tous. Le comportement déviant de deux enseignants belges se croyant encore sous l’époque coloniale avec la complicité des certains congolais naturalisés membres du Conseil d’Administration sont condamnables à tous égards.   

Ainsi dans un communiqué daté du 28 mai 2021 dernier signé le Président du Conseil d’Administration Ghislain Defise et le Chef d’Etablissement Jose De Los Santos, l’établissement scolaire Lycée Prince de Liège Asbl de Kinshasa a décidé de se « séparer définitivement de ses deux enseignants » proxénètes incriminés.

« L’un des points inscrits à l’ordre du jour était l’analyse du dossier de deux membres du corps enseignants, incriminés pour les faits déplorables que vous connaissez. Pour rappel, saisi en avril dernier (2021 NDLR) par des élèves au sujet du comportement délétère d’un enseignant puis d’un deuxième, la Direction du LPL a immédiatement pris la décision d’écarter les deux enseignants suspectés en attendant l’aboutissement des enquêtes administratives initiées à ce sujet » peut-on lire dans ce document.

Selon les recommandations de la Commission mixte institué à cet effet, monsieur Christophe Libert, ancien professeur de français et latin devenu Directeur pédagogique a été « licencié pour faute grave » ; cette décision faisant suite « au vu du rapport du psychologue, au vu des faits avérés et des témoignages oraux et écrits des enfants, au vu de la nature des faits » lit-on dans un rapport.

Son cas devra faire l’objet « d’un signalement aux autorités compétentes (AEBE, Réseau concerné), d’une recommandation de prise en charge psychologique, d’une notification écrite de fin de contrat dans le meilleur délai et d’un paiement au strict minimum des droits dus conformément à la législation du travail, sans plus ».

Quant au fuyard Gilles Zangerlé, ancien professeur de gymnastique ; accusé d’une relation sexuelle avec une élève et retourné précipitamment depuis lors en Belgique, il a été recommandé un « licenciement pour juste motif ». Son cas devant aussi faire l’objet « d’un signalement aux autorités compétentes (AEBE, Réseau concerné) ainsi qu’une recommandation de prise en charge psychologique ».

La colère des parents

Malgré les promesses de l’établissement de prendre en compte désormais « les recommandations sur le fonctionnement général de l’Asbl dès le début de la prochaine année scolaire 2021-2022 avec un engagement à œuvrer pour préserver l’équilibre et les intérêts des différentes composantes du LPL à savoir les élèves, les parents, le corps enseignants et administratif », la colère des parents ne faiblit pas.

Dans sa politique à « l’autruche » qui enfonce sa tête dans le sable pour ne rien voir, le Conseil d’Administration de l’Asbl sans tenir compte des revendications des parents n’a fourni aucune explication en rapport avec ses décisions. Une situation qui renforce la frustration des parents dont la colère monte. Et pour cause, le CA semble se projeter sur la rentrée scolaire 2021-2022 ; ce qui ne réjouit pas du tout les parents même si une Assemblée Générale est finalement convoquée pour sitôt.

Il aura fallu une pression de plus contre la complaisance du « Clan Utex » du nom de cette ancienne usine de tissu Utex Africa, endroit où réside un groupe des membres expatriés du Lycée dans la commune de la Gombe qui se comporte comme ces « députés Congolais », membres du CA oubliant qu’ils sont au service des parents.

Une des réactions des parents recueillies symbolise cette colère extrême : « Cette affaire digne d’un film d’horreur est cauchemardesque pour nos enfants. Sous d’autres cieux, il n’y aurait pas eu tous ces tumultes. Libert aurait été viré et mis à la disposition de la justice. Les membres du CA qui ont pris sa défense, ceux qui ont couvert ce « pédophile » méritent le même sort. Ils sont complices et leur attitude abjecte est similaire à celle de Michèle Martin dans l’affaire Dutroux chez eux en Belgique tout comme Monique Olivier et son mari Michel Fourniret, tueur et violeur en série mort récemment en France. Ce sont des malades mentaux qui doivent être internés pour de bon en psychiatrie… ».

Le comble dans ce scandale, les deux ex-enseignants se sont tirés de l’affaire avec une forte « prime d’impunité » de leur méconduite. Si sieur Gilles Zangerlé s’en été mis près d’une trentaine des milliers d’Euros en poche avant de quitter Kinshasa, son comparse Libert a accepté son licenciement moyennant une forte somme d’argent, plus que celle reçue par Gilles.

L’Assemblée Générale (AG) convoquée pour cette semaine a été reportée au 15 juin courant pour cause de covid-19, des professeurs et quelques élèves en étant malades.

Nous y reviendrons encore.

Lire aussi : RDC : Scandale sexuel au Lycée Prince de Liège, Rapport accablant de la Commission Mixte [DOCUMENTS] https://www.afriwave.com/2021/05/27/rdc-scandale-sexuel-au-lycee-prince-de-liege-rapport-accablant-de-la-commission-mixte-documents/

Thaddée Luaba Wa Ba Mabungi

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