home Politique, RD Congo RDC-PRÉSIDENTIELLE 2018 : Un dernier baroud d’honneur perdu d’avance ?

RDC-PRÉSIDENTIELLE 2018 : Un dernier baroud d’honneur perdu d’avance ?

C’est un combat d’arrière-garde perdu d’avance, une sorte de dernier baroud d’honneur s’il en existe encore après des propos indignes de Martin Fayulu sur le président élu Félix Tshisekedi que les soutiens du candidat ayant perdu la présidentielle 2018 tentent de mener.

Et comme depuis novembre 2018 après l’échec de l’accord de Genève pour avoir un candidat commun de l’opposition, toutes les attaques sont concentrées contre la personne de Félix Tshisekedi. Et c’est encore et toujours la presse belge de droite catholique proche des francs-maçons avec sa tête de gondole La Libre Belgique qui est mise à contribution.

Pour ce quotidien bruxellois que l’on sait moins lu dans le Congo profond comme parmi la diaspora pour sa partie prise dans une sorte de campagne contre l’ancien candidat Félix Tshisekedi en faveur de Katumbi et ses proches, des nouveaux calculs sont ainsi faits en espérant toujours l’arrivée aux affaires de leur protégé Fayulu avec le vote de Beni, Butembo et Yumbi le 19 mars 2019 prochain.

La Libre qui prédit même une « incertitude  quant à l’avenir du Congo-qui pourrait se révéler chaotique » se demande « si les résultats électoraux proclamés par la CENI-RDC seront acceptés ou non par les électeurs » comme si elle était devenu le pouvoir coorganisateur ou de contrôle des élections en RDC.

Dans ses calculs, elle explique que « Si Tshisekedi est crédité officiellement de 7.051.013 voix et Martin Fayulu de 6.366.732 voix, il n’y a que 684.281 voix de différence entre eux- soit la moitié des électeurs des régions de Beni, Butembo et Yumbi… ». Dans une certitude quasi religieuse qui reste à démontrer, La Libre Belgique affirme que « régions, qui comptent 1.256.177 électeurs, sont très majoritairement pro-Fayulu » comme si tous les électeurs de l’Est n’avaient pas voté pour d’autres candidat que le leur…

A lire aussi : ÉLECTIONS-RDC : Quand Martin Fayulu traite le « président élu» Félix Tshisekedi de « faire valoir »… https://www.afriwave.com/2019/01/10/elections-rdc-quand-martin-fayulu-traite-le-president-elu-felix-tshisekedi-de-faire-valoir/

Ce journal oublie sciemment de le souligner comme tout le monde le sait qu’en dehors des recours devant la Cour Constitutionnelle, dans une élection présidentielle à un seul tour si elle n’est pas annulée, les résultats provisoires seront celles définitives. Or dans l’état actuel des choses, Fayulu comme ses protecteurs Bemba et Katumbi le savent très bien qu’en cas d’annulation du scrutin, le pays ne pourra pas se permettre d’en organiser un autre dans un délai si  court.

De plus, si c’est le cas contraire avec le maintien des résultats provisoires, le pays ne peut se donner le luxe d’attendre les résultats de Beni-Butembo et Yumbi afin que le président élu prête serment.

La CENCO qui botte en touche…

L’appel de pied du candidat Fayulu à l’église catholique a reçu une réponse claire et nette de la CENCO qui prend « acte de la publication des résultats provisoires de l’élection présidentielle qui, pour la première fois dans l’histoire récente de notre pays, ouvre la voie à l’alternance au sommet de l’Etat… ».

Avec son constat que « les résultats de l’élection présidentielle tels que publiés par la CENI ne correspondent pas aux données collectées par sa mission d’observation à partir des bureaux de vote et de dépouillement », l’église a préféré bon fait de ne pas se mêler dans les querelles des politiques tout en restant dans son rôle de lanceur d’alerte.

Ce qui ne l’a pas empêché de lancer un appel au bon sens en « exhortant tout le monde à faire preuve de maturité civique et surtout à éviter tout recours à la violence. En cas d’une éventuelle contestation de ces résultats provisoires par une partie, nous l’exhortons à user des moyens de droit conformément à la Constitution et à la loi électorale » comme certains appels entendus.

La France qui se ressaisit…

De son côté, la France qui s’était emballé par des déclarations précipitées de son ministre de l’Europe et des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian apparemment « mal briffé » par ses services est revenu sur sa position pour parler du bon sens.

Dans un communiqué officiel de France Diplomatie daté du 10 janvier 2019 on peut lire : « La Commission électorale nationale indépendante (CENI) a annoncé les résultats provisoires de l’élection présidentielle du 30 décembre en République démocratique du Congo… Nous saluons également le travail effectué par les missions d’observation des organisations régionales, la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL), la Communauté de développement des Etats d’Afrique australe (SADC), par l’Union africaine et par la société civile congolaise. Comme la mission d’observation et le président de la Commission de l’Union africaine l’ont dit la semaine dernière, nous attendons que le choix démocratique des Congolais soit respecté. Si les candidats à l’élection présidentielle souhaitent contester les résultats provisoires et obtenir plus de clarté, il convient qu’ils le fassent par les voies légales. Nous appelons toutes les parties à préserver le calme qui prévaut depuis la tenue du scrutin ».

TSHIKUYI Tubabela à Bruxelles

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