home Analyses, Diaspora, Opinion, Politique, RD Congo, Régions, Société Edem Kodjo sort de son silence avec un discours d’autosatisfaction biaisé…

Edem Kodjo sort de son silence avec un discours d’autosatisfaction biaisé…

«Je ne suis plus médiateur, je suis Edem Kodjo. A celui qui me cherchera, il me trouvera» avertissait le togolais au lendemain de la fin du dialogue politique congolais sur une chaîne TV privée de Kinshasa. Dans sa grandiloquence, il ne voyait pas non plus le besoin ni l’importance d’un deuxième dialogue ou une rencontre supplémentaire entre politiques congolais en vue de trouver un consensus le plus large un jour.

Pendant que la CENCO et l’Eglise catholique dont il se réclame membre a réussi à réunir les congolais pour un consensus le plus inclusif qu’il n’était pas parvenu à obtenir, c’est le moment choisi par lui de sortir de son bois. Dans une interview accordée à François Soudan de Jeune Afrique, il tire en direction sur tout ce qui bouge dans la classe politique congolaise qu’il dit brillante (pour s’en moquer certes) mais toxique et distribue des bons et mauvais cartons aux uns comme aux autres selon ses humeurs.

D’entrée de jeux, Kodjo explique n’avoir rien sollicité pour mettre ses pieds dans le marigot congolais où du reste Matata Ponyo a navigué parmi les crocodiles…remarquez la coïncidence des termes et dans le même journal parisien… Il oublie tout de même de souligner que les congolais non plus n’avaient pas fait appel à ses bons offices. Médiateur dans le conflit burundais, l’on connait très bien le résultat de son travail dans ce pays qui demeure une des causes de l’instabilité à l’Est du Congo depuis la fin des années 1960 jusqu’à ce jour.

Un rancœur vis-à-vis d’Étienne Tshisekedi

C’est au leader de l’opposition congolaises Etienne Tshisekedi, président de l’UDPS et du Conseil des Sages du Rassemblement que revient la véritable volée des bois verts… non sans moins révéler que c’est de la part du principal parti de l’opposition que je reçois le meilleur accueil…deux délégations viennent me voir pour me féliciter, se réjouir du choix ‘d’un grand médiateur africain (je le cite ajoute François Soudan)…

De Tshisekedi, Kodjo qui se considère insulté comme un traître par le congolais se dit sidéré et finit lui renvoyer l’ascenseur de la même insulte en expliquant qu’il n’a pas respecté un accord signé par lui. Une drôle de manière tout de même de la part de quelqu’un qui était censé trouver un terrain d’entente entre des parties inconciliables. Kodjo n’aura jamais accepté le fait qu’il soit traité de «kabiliste» par Tshisekedi lors du meeting du Rassemblement du 31 juillet 2016 à Kinshasa.

Du fameux accord, il n’en a jamais été question mais plutôt d’un Protocole d’Accord sur la Feuille de route commune entre l’UDPS et la MP en vue de la mise en œuvre du Dialogue politique national et inclusif préparée à Kinshasa le 18 mars 2016 et signée à Paris à l’Hôtel Raphael le 26 du même mois. A moins de prendre les congolais pour des imbéciles, un protocole d’Accord ne signifie en rien un ACCORD en bonne et due forme entre deux parties; peut-être seulement dans l’entendement de l’auto-proclamé «grand médiateur africain». Heureuse coïncidence ou non, la présence en même temps à Paris de la délégation de l’UDPS et du Directeur de cabinet de Joseph Kabila Néhémie Wilondja n’est pas fortuite non plus. Kodjo oublie de citer d’autres protagonistes présents lors de cette rencontre, dans la capitale française dont Albert Yuma, un autre proche du président Kabila.

Des sources bien renseignées de www.afriwave.com, la délégation de l’UDPS qui aurait pu rencontrer Kodjo à Kinshasa l’avait suivi à Paris de suite de sa maladie et son transfèrement dans la capitale française. Une seule question de clarification dans sa mission : celle pour Kodjo de préciser s’il était l’envoyé où le facilitateur de la communauté internationale ? Cette délégation (Tendaie K., Me Papis Tshimpangila, Christian Tshisekedi, et Bona Kabongo) n’avait reçu aucun mandat de négociation sur le dialogue à venir. Du reste et des sources de www.afriwave.com, ces personnes n’avaient jamais été associées ni de lion, encore moins de près aux rencontres préparatoires d’Ibiza en Espagne comme de Venise en Italie entre l’UDPS et la MP. Kodjo peut-il expliquer comment ces gens pouvaient négocier de quoi et avec qui ?

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Le recrutement de Kamerhe

De l’avalisation de son projet par l’UA fin juin et la mise sur pied du Groupe de Soutien du 4 juillet 2016, Edem Kodjo pense avoir été piégé par qui et pourquoi, il ne le dit clairement : « … a-t-on voulu me piéger, me discréditer afin de mettre  quelqu’un d’autre à ma place ? Je n’en dirais pas plus, mais Mme Dlamini-Zuma, à qui j’ai fait, fin octobre, un compte rendu  détaillé de ma mission, connait les tenants et aboutissants de toute cette histoire».

Le recrutement de Kamerhe est une révélation qui n’en est pas une : la non présence du leader de l’UNC à Genval en Belgique n’était pas non plus insoupçonnable alors que deux de ses anciens cadres, le SG Ewanga et le SGA Lubaya y étaient soit dit en passant à titre personnel. La révélation de Kodjo dans Jeune Afrique confirme ce que tout le monde pensait de Vital Kamerhe : « …et c’est moins connu- que Faure Gnassingbé… Le président togolais entretient des relations étroites aussi bien avec Kabila qu’avec Vital Kamerhe. Si Kamerhe ne nous avait pas rejoints, il n’y aurait jamais eu de dialogue, et Faure a été décisif dans son ralliement, tout comme son (envoyé spécial), le ministre Gilbert Bawara très introduit à Kinshasa»…

Edem Kodjo maniant une langue de bois bien rodée fais semblant en taisant certains noms dont celui de Kalev, le chef des Renseignements congolais et proche de Kabila les autres noms de la rencontre de Lomé et la promesse faite à Kamerhe de devenir le futur premier ministre issu du dialogue (Lire notre article : L’Union pour la Nation Congolaise (UNC) : quid d’un faux suspens avant l’implosion ? https://www.afriwave.com/?p=1329 ). Le dindon de la farce et grand perdant aujourd’hui demeure Vital Kamerhe et son parti  l’UNC qui se vide chaque jour de ses cardes comme de sa base. Rien ne disait que Kabila qui n’est signataire de rien pouvait accepter le retour de Kamerhe à ses côtés durant la période transitoire comme par enchantement après leur divorce brutal de 2009 (Lire notre article Vital Kamerhe et l’UNC : entre amertume et déception, une réalité politique au lendemain qui déchante https://www.afriwave.com/?p=1300 ).

Un dernier caprice accompli. De son survol de l’embouchure du fleuve Congo en compagnie d’Albert Yuma, spectacle dont il a toujours rêvé; mais aussi des accusations de corruption dont il aurait été l’objet, Kodjo en fait un point d’honneur (perdu surement) pour démontrer à tous et Tshisekedi en premier, qu’il n’était pas un nègre de service…ce qui l’a motivé à forger sa résilience après un échec d’une mission qu’il n’a pas réussi à relever. Le médiateur de l’Union Africaine n’est pas non plus arrivé à expliquer le pourquoi du refus par lui et les autorités congolaises d’associer les américains aux discussions comme le réclamait le Rassemblement de l’opposition.

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