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RDC : L’APLC et la « vraie-fausse » controverse Access Bank RD Congo SA

C’est une controverse, mieux une « affaire » dans laquelle la toute nouvelle Agence de Prévention et de Lutte contre la Corruption (APLC) qui fait les choux gras des réseaux sociaux congolais depuis 48 heures : celle d’une présumée tentative d’extorsion d’informations et d’argent auprès d’Access Bank RD Congo SA par des agents de cette structure redoutée par beaucoup et dépendante directement de la présidence de la République.

De ce que d’aucun ont présenté comme une tentative de corruption dans cette affaire qui oppose l’APLC à Access Bank RD Congo SA dirigé par Kenechukwu Oswachale, son Directeur Général nigérian ; le Coordonnateur de l’APLC, Me Ghislain Kikangala est sorti de sa réserve au travers d’un communiqué de presse diffusé dans la soirée. Il y dénonce « les pressions et agitations diverses autour de ce dossier qui ne peuvent distraire l’APLC dans la noble mission lui confiée par le président de la République ».

Pour lui, « l’APLC a constaté des indices sérieux de blanchissement des capitaux et de financement du terrorisme dans le chef de l’Access Bank RD Congo ». Raison qui a justifié qu’une « enquête soit menée au sujet de ces faits et, à titre de garantie de représentation, le DG d’Access Bank a remis son passeport en présence de ses avocats et qu’une caution de 30.000 $ a été perçue en présence de son avocat Me Cibambo Amani et de quelques collaborateurs de la banque ». 

Affirmant sa déterminations que « cette enquête ira jusqu’à son terme », Ghislain Kikangala explique que « les actions menées par l’APLC dans le cadre de cette enquête ont donné lieu à diverses interprétations. Une controverse qui ne saurait enlever la pertinence des constats effectués, notamment sur base des documents remis volontairement par la banque Access ».

Access Bank RD Congo SA se défend…

Dans la guerre des communiqués, Access Bank RD Congo SA qui en a aussi publié le tien se défend sans pour autant convaincre par rapport aux accusations contenu dans celui de l’APLC. Pourtant la longue lettre de « dénonciation des procédures de l’APLC » signé l’avocat Cibambo Amani en dit plus sur ce qui serait considéré comme « les procédures décriées et les faits y ayant donné lieu » de l’APLC. Une défense qui ne convaincrait pas au risque même d’être considéré comme un « aveu de culpabilité » en rapport avec certains faits y développés.

Il dénonce ce qu’il dit être une « mise de la banque en insécurité face à ses clients en rapport avec la divulgation des secrets professionnels, ne sécurisant pas l’investissement étranger en RDC et même l’épargne des congolais gardées par les banques commerciales et ne reflètent pas l’Etat de droit que le chef de l’Etat veut instaurer dans notre cher et beau pays » écrit l’avocat Cibambo Amani.

Access Bank RD Congo SA a été saisi sur les « présumées allégations de blanchissement des capitaux » qui n’ont trouvé aucun fondement à ce jour. Et ce, suite à un audit des comptes initié par un cabinet international d’audit externe indépendant.

La banque nigériane se dit être entièrement en conformité avec « la réglementation de la Banque Centrale du Congo, et en tant que banque internationale (…) se conforme à toutes les réglementations AML (Lutte contre le blanchissement des capitaux) ».

La diffusion sur les réseaux sociaux des images des caméras de vidéosurveillance de la banque montrant des agents de l’APLC percevoir 30 000 dollars US en liquide contre signature d’une décharge ne dédouane pas non plus l’institution par rapport aux accusations à son encontre. L’APLC signalant que « l’argent et toutes les pièces du dossier ont été transmis au parquet général auprès de la Cour d’appel de Gombe ».

Cette affaire dénoncée par Israël Kaseya, ancien d’Access Bank RD Congo accusé par son ex-employeur de faux, usage de faux et détournements a été tranché par la justice. Acquitté par le tribunal de paix de Kinshasa-Gombe, il a été libéré depuis le 02 octobre 2020 après cinq mois d’incarcération pour avoir dénoncer les pratiques « présumées » illicites et illégales dans cette banque.

Pour rappel, Access Bank RD Congo, filiale de la banque nigériane avait été « soupçonné et blacklisté » dans une affaire « de blanchiment d’argent » en ayant aidé un sujet libanais du nom de Saleh Assi, ainsi que d’autres personnalités sous sanctions américaines pour financement du terrorisme ; ouvrir des comptes pour des sociétés fictives. Il s’était avéré que près de 7,9 millions de dollars avaient bien été versés en liquide sur au moins un compte suspect appartenant à la Société Pain de Ville, et retirés quelques jours plus tard par virements.

Access Bank RD Congo SA ne nie pas ce fait dans la lettre de son avocat et dit même avoir fermé ledit compte. Dans l’entretemps, le Procureur Général près de la Cour d’Appel de la Gombe s’est officiellement saisi du dossier sous le numéro RI6560/PG023/a/MIL.

La Directrice de Communication et porte-parole de l’APLC Chouna Lomponda est claire face aux accusations d’Access Bank RD Congo SA : « La question n’est pas là, Access Bank fait dans la diversion. Les pressions constatées sur les réseaux sociaux révèlent une certaine panique à la tête d’Access Bank RD Congo SA. Les indices sont assez graves, cette banque souhaiterait-elle faire diversion, détourner l’attention de l’opinion publique alors qu’elle est suspectée de mettre en place un schéma de contournement des sanctions. Il ne s’agit aucunement d’une affaire de racket et les allégations d’extorsion d’informations ne sont pas fondées. Tous les éléments qui ont servi à leur propre accusation, c’est eux-mêmes qui nous les ont transmis dans une clé USB. En ce qui nous concerne, l’APLC poursuit sa mission ».

De ce qui précède, l’on se poserait la question de savoir qui serait visé par toute cette campagne de discrédit si ce n’est le chef de l’Etat en personne qui a créé cette agence rattachée directement à son Cabinet ?

Nous y reviendrons.

Roger DIKU et Thaddée Luaba Wa Ba Mabungi

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