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ANGOLA : « Expliquez-nous » : La femme la plus riche d’Afrique en fuite, accusée d’avoir détourné plus d’un milliard de dollars

La femme la plus riche d’Afrique vient de fuir son pays, l’Angola. Isabelle Dos Santos, fille de l’ancien président est accusée d’avoir détourné plus d’un milliard de dollars. C’est le hold-up du siècle sur le continent Africain.

C’est l’histoire d’une femme de 46 ans, que l’on surnomme la “Princesse de Luanda”. Luanda, c’est la capitale de l’Angola, dont son père a été le président autoritaire pendant 38 ans. C’est une ancienne colonie portugaise, un pays très riche en pétrole et en diamants. C’est là qu’Isabelle Dos Santos a construit son immense fortune avec l’aide de son père.

Elle a d’abord lancé la plus belle boîte de nuit du pays à 24 ans. C’était un galop d’essai. Puis elle a investi dans le diamant. Papa lui ayant confié 25% de la société qui a le monopole du commerce des pierres précieuses. Puis elle a obtenu 25% de la société de télécoms, Unitel, vite rebaptisé par les angolais « Isatel ».

Une diversification dans des entreprises mondiales

Puis elle s’est diversifiée dans la banque, le BTP, la télévision, l’immobilier. Et enfin il y a quatre ans, juste avant de quitter le pouvoir, son père l’a nommée à la tête de la compagnie nationale pétrolière, la deuxième plus grande d’Afrique.

Et puis lorsque le pays est devenu trop petit pour elle, elle a aussi investi au Portugal, l’ancienne puissance coloniale. Elle a notamment pris le contrôle de la première compagnie pétrolière portugaise.

C’est donc une fille à Papa mais aussi une femme d’affaires et une femme de caractère. Elle est née en 1973 en URSS, à Bakou, capitale pétrolière de l’Azerbaïdjan. Fruit de l’union de son père, à l’époque militant indépendantiste angolais et de Tatiana Kukanova, à la fois espionne et championne d’échecs. Très belle.

Son mari a dit qu’il préférait que l’argent de l’Angola aille à un noir corrompu plutôt qu’à un blanc néo-colonialiste

Elle a fait des études d’ingénieur brillantes en Angleterre. Elle parle le portugais comme son père, le russe comme sa mère, l’anglais comme tout le monde, le Français comme toutes les élites africaines plus l’espagnol et l’italien, en tout six langues parlées couramment.

Elle s’est marié à 29 ans à un riche héritier, comme elle, métis comme elle, fils d’un riche banquier zaïrois et d’une danoise. Un mariage avec 1.000 invités et quatre millions de budget pour la fête. Son témoin de mariage était le ministre du Pétrole.

Avec son mari, Sindika Dokolo, ils forment un couple ultra-glamour. Défenseurs des arts africains, membre de la jet set mondiale, vivant entre l’Angola, le Portugal, Londres, Monaco ou Saint-Tropez.

Représentant une certaine fierté africaine, son mari a un jour déclaré qu’il préférait que l’argent de l’Angola aille à un noir corrompu plutôt qu’à un blanc néo-colonialiste.

Les « Luanda leaks » montrent qu’elle s’est enrichie en siphonnant les entreprises publiques de ce pays

Et finalement cet empire financier vient de s’effondrer. Tout a commencé il y a trois semaines. Le nouveau président de l’Angola, le successeur du père d’Isabelle dos Santos l’a lâché et l’accuse d’avoir détourné au moins un milliard de dollars. Mais en fait, c’est toute sa fortune soit 3 milliards de dollars. La justice a bloqué tous ses comptes, puis une enquête a été ouverte au Portugal puis à Monaco.

Mais surtout dimanche dernier, un consortium de 36 journaux internationaux, dont Le Monde en France a révélé l’ampleur des malversations. Plus de 700.000 documents ont été transmis anonymement à ce groupe de journaux après avoir été piraté. On y découvre que la « princesse de Luanda » contrôle 400 sociétés dans 41 pays. Et qu’elle s’est principalement enrichie en siphonnant les entreprises publiques de ce pays ou la moitié de la population vit avec moins de 2 dollars par jour.

Un seul exemple : en 2013, elle rachète la plus belle plage de la capitale, en plein centre. Puis l’Etat, c’est à dire son père lui verse plusieurs centaines de millions pour y construire une marina, des hôtels de luxes, un tramway, des îles artificielles comme à Dubaï.

Isabelle Dos Santos a quitté l’Angola dès qu’elle a reçu la notification des poursuites et s’est réfugiée à Dubaï

Quelques jours après, les pêcheurs qui vivaient sur cette plage sont expulsés, leur cabanes détruites, les protestataires sont arrêtés. Finalement rien ne sera construit. Les centaines de millions ont disparu.

Ces années d’impunité et d’enrichissement sont donc terminées. Isabelle Dos Santos a quitté l’Angola dès qu’elle a reçu la notification des poursuites. Elle s’est réfugiée à Dubaï.

Elle devait arriver aujourd’hui à Davos, au forum économique mondial, où tous les ans elle était très bien reçue. Au milieu d’autres milliardaires elle aimait s’exprimer sur l’esprit d’entreprise, l’Afrique, les femmes dans le business. Elle a finalement annulé son voyage dans les alpes suisses…

Nicolas Poincaré

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