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Le constructeur automobile Volkswagen s’installe au Rwanda

L’annonce a été faite jeudi. Vingt millions de dollars vont d’abord être investis et une usine devrait ouvrir à Kigali en juin prochain. Les défenseurs des droits de l’homme tirent la sonnette d’alarme.

Le projet ne date pas d’hier. Déjà en décembre 2016, la marque de voitures allemande Volkswagen et le gouvernement rwandais avaient conclu un accord. Ce jeudi 18 janvier, Thomas Schaffer, directeur de Volkswagen en Afrique du Sud a confirmé, lors d’une conférence de presse, que sa marque s’installerait prochainement dans le pays. VW va investir 20 millions de dollars et devrait ouvrir une usine d’assemblage en juin prochain, à Kigali.

« Cette usine d’assemblage aura une capacité de production de 5.000 véhicules par an » a expliqué Thomas Schaffer. Le constructeur est déjà présent en Afrique du Sud et au Kenya. Au Rwanda, Volkswagen annonce vouloir créer au moins 1000 emplois dans un premier temps. Des experts de l’entreprise pourraient intervenir dans un premier temps, mais l’entreprise souhaite ensuite travailler avec des Rwandais directement. Des sous-traitants locaux devraient aussi profiter de cette implantation.

Un système d’auto-partage

En s’implantant dans le pays, Volkswagen veut également lancer un système d’auto-partage, probablement d’ici la fin de l’année. Les utilisateurs pourraient réserver une voiture et payer, après leur trajet, en fonction de la distance parcourue. Volkswagen veut tester de nouveaux modèles de déplacement avant, s’ils fonctionnent, de les développer ailleurs. « Il y a une stabilité politique et une tolérance zéro pour la corruption, une croissance économique dynamique, une population jeune et férue de technologies, il y a un vrai besoin de mobilité moderne – pas seulement ici mais aussi dans le reste du continent », a expliqué Thomas Schaffer

Des critiques contre l’installation

Mais si Volkswagen met en avant les avantages économiques que son installation pourrait procurer, Thomas Schäfer a passé sous silence le régime autoritaire qui persécute les opposants politiques. Par ailleurs, il est important de noter que l’intention de Volkswagen est aussi de se rapprocher des gisements de cobalt en République démocratique du Congo, un minerai indispensable à la fabrication des véhicules électriques. Mais son extraction est réalisée dans des conditions déplorables pour les mineurs, parfois des enfants, qui y travaillent. Amnesty International a donc profité de cette annonce pour rappeler le coût de l’extraction du cobalt.

 « 20% de la production totale de cobalt en RDC est réalisée à la main », explique Lauren Amistead, d’Amnesty International. Elle rappelle que les mineurs extraient le cobalt avec des outils rudimentaires et sans protection. « Les puits qu’ils creusent sont souvent plus profonds que la norme légale de 30 mètres. Ils descendent parfois à 60 ou 70 mètres et ils n’ont aucun soutien », déplore la militante. « Si Volkswagen veut devenir leader sur le marché de la voiture électrique alors ils doivent vraiment se positionner en tant que leader du point de vue des pratiques d’extraction. Il est de la plus haute importance que la révolution des véhicules électriques ne se fasse pas sur le dos des enfants et des adultes qui travaillent dans ces conditions en République démocratique du Congo ».

Article à lire ici : Le constructeur automobile Volkswagen s’installe au Rwanda http://www.dw.com/fr/le-constructeur-automobile-volkswagen-sinstalle-au-rwanda/a-42227623

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