home Politique, RD Congo, Société RDC-CRISE : L’Eglise catholique ne renonce pas, le nonce apostolique et le président de la Cenco au Kasaï

RDC-CRISE : L’Eglise catholique ne renonce pas, le nonce apostolique et le président de la Cenco au Kasaï

Même si elle a vu sa mission lors de la dernière négociation directe entre la majorité au pouvoir et son opposition torpillée dans tous les sens, l’église catholique de la RDC ne renonce pas dans sa quête de la paix dans le cadre d’un consensus national. Alors aussi que les relations demeurent tendues entre le Vatican et Kinshasa, le représentant du pape François en RDC ; le nonce apostolique Mgr Luis Mariano Montemayor en compagnie du président de la CENCO Mgr Marcel Utembi séjournent à Kananga.

Selon des sources sur places, les deux responsables catholiques sont venus se rendre compte de visu et réconforter ; un an après de « la triste réalité et des souffrances de la population de cette partie du pays après les violences liées aux évènements dits de Kamuina Nsapu où l’église catholique a payé un lourd tribu ».  En compagnie de l’Archevêque de Kananga, Mgr Madila ; ils ont célébré une messe de suffrages sens le dimanche 10 septembre dans l’église Sainte Thérèse de la commune de Nganza. « C’était une visite de réconfort pour la population de Nganza, cette population qui avait été confrontée à l’activisme de la milice Kamuina Nsapu avant de subir une virulente répression des forces de l’ordre », ont expliqué les fidèles à la sortie de la messe.

Dans cette situation de détresse sociale et au regard des difficultés éprouvées par des hommes, des femmes et des enfants abandonnés et démunis de tous, le président de la Cenco, Mgr Marcel Utembi, a plaidé pour « une intervention urgente en faveur des populations affectées, parmi lesquelles des nombreux déplacés ».

L’occasion donc pour ces habitants de rappeler également les menaces dirigées en son temps contre l’abbé Gérard Ntumba, celui-là même qui avait révélé le chiffre de près de 300 personnes tuées. L’abbé a, depuis, été contraint à l’exil à Rome.

Kananga, ce sont aussi ces jeunes enfants, parfois âgés de moins de 6 ans, et ces vieillards qui sont confrontés à la malnutrition. Des centres, au nombre de six, tenus par des religieuses catholiques dans la ville, s’occupent de cette catégorie des personnes défavorisées. Certains de ces centres prennent en charge plus de 200 personnes par jour, selon l’une des responsables.

Enregistrement des électeurs et réaction de Claudel Lubaya

La visite des responsables catholiques à Kananga coïncide avec le lancement ce mardi 12 septembre 2017 des opérations d’enregistrement des électeurs dans l’espace Kasaï, qui selon le porte-parole de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) ; Jean-Pierre Kalamba, dureront 90 jours comme pour les autres provinces. Devant prendre théoriquement fin entre décembre 2017 et janvier 2018, cette opération implique un nouveau report de la présidentielle qui ne pourra plus se tenir à la fin de l’année 2017, comme le prévoyait pourtant l’Accord politique global de la Saint Sylvestre 2016 signé entre le pouvoir et l’opposition.

Pour l’ancien gouverneur de la province du Kasaï unifiée Claudel André Lubaya et son parti l’UDA Originelle, « la tragédie du Kasaï et ses 3.000 morts, ses 83 fosses communes, ses 600 viols, ses 130.000 déplacés, sa famine, ses maladies » ne peuvent être passer à perte et profit ; seule une enquête internationale indépendante en vaut pour établir les responsabilités.

Rappelant le fait que Joseph Kabila n’a jamais respecté ni la Constitution ni l’Accord. Il n’a jamais voulu des élections et n’est pas fin mandat mais hors celui-ci ; donc sans mandat et illégitime. Pour l’UDA-O et son président, « ayant épuisé ses mandats, une transition sans Kabila s’impose pour un retour à l’ordre constitutionnel et il n’a qu’à partir fin 2017 ». Enfin pour Lubaya Claudel André‏ @LubayaClaudel via son compte Twitter, « les opérations d’enrôlement dans la peur au Kasaï avec ses 130.000 déplacés et autres 30000 réfugiés dans une province militarisée pour une population traumatisée » ne sont rien. « Il faut mesures d’apaisement » réclame-t-il.

Rappelons que l’opposition radicale en appelle à la publication d’un chronogramme des scrutins et exige également la mise sur pied d’une période de transition sans Kabila dès décembre 2017. Le deuxième et dernier mandat constitutionnel de Kabila ayant pris fin le 19 décembre 2016.

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