home Politique, RD Congo, Régions Le corps d’Etienne Tshisekedi de retour à Kinshasa le 12 mai

Le corps d’Etienne Tshisekedi de retour à Kinshasa le 12 mai

Après plusieurs annoncez-reports dont la dernière au mois de mars dernier, le corps d’Etienne Tshisekedi Wa Mulumba, président de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS) et leader de l’opposition en RDC sera finalement rapatrié à Kinshasa le 12 mai 2017. C’est une décision discrétionnaire de sa famille biologique, mais aussi celle son parti politique l’UDPS et il sera inhumé dans l’enceinte du siège du parti à Limete. C’est l’annonce faite simultanément en ce jour à Kinshasa par Mgr Gérard Mulumba, frère cadet du défunt leader au nom de la famille et par le Secrétaire Général de l’UDPS, Jean-Marc Kabund A Kabund au nom du parti lors de sa conférence de presse.

Les prémices de cette annonce avaient déjà été faites le jeudi 20 avril 2017 depuis Bruxelles en Belgique au Press Club Brussels Europe par les responsables du parti. Le Représentant du Benelux, le Dr Kabanda qu’entourait les cadres d’autres fédérations extérieures de l’UDPS disaient s’attendre à une communication imminente de la famille biologique qui avait pris sa décision finale. Certes cette prise de disposition enchante les militants qui commençaient à s’impatienter et trouver le temps plus que long depuis le décès inattendu d’Étienne Tshisekedi le 1er février 2017 à Bruxelles où il venait de se rendre pour un contrôle médical programmé.

Par contre, elle risque d’être encore et toujours un sujet des tensions entre la famille et le parti d’un côté et les tenants du pouvoir sur place à Kinshasa de l’autre. Le gouvernement provincial de Kinshasa qui dressait un caveau personnalisé à l’entrée des cimetières de la Gombe pour recevoir la dépouille de Tshisekedi s’était vu contraint d’en arrêter tous les travaux faute d’entente consensuelle avec la famille et le parti qui souhaitaient un autre endroit ailleurs pour l’érection d’un mausolée. Les autorités remémorant une loi coloniale interdisant toute inhumation des personnes décédées dans une zone privée en dehors des cimetières officiels.

Il serait mieux chez nous !

Si le rapatriement de la dépouille mortelle de l’ancien leader de l’opposition représente un soulagement pour ses partisans, il constitue plutôt un casse-tête sécuritaire pour ses proches comme pour le régime qui ne savent pas ce qui pourra en advenir et comment gérer la foule nombreuse qui risque d’être au rendez-vous. Raison d’une demande particulière de l’UDPS pour en garantir la quiétude : Nous sollicitons la sécurisation des obsèques par les forces de l’ordre de la RDC ainsi que celle de la Monusco conformément à la résolution 2348 du conseil de sécurité des Nations unies…explique JM Kabund à la presse.

Sous anonymat par contre, un cadre de l’UDPS à Bruxelles et proche d’Etienne Tshisekedi, originaire du Kasaï Oriental comme lui explique à www.afriwave.com qu’il est grand temps que le président Tshisekedi se repose enfin de tout et il ne peut être en paix que chez lui à Kabeya-Kamuanga, lieu le plus proche de son territoire de Bakua Ntombolo où repose ses ancêtres. Raison pour laquelle il se dit être de ceux qui ont et qui continuent de militer pour cette solution du reste envisagée par son fils et héritier politique Félix Antoine TshilomboTshisekedi la semaine dernière à son retour au pays. Car enfin pour ce cadre, enterrer Tshisekedi à Kinshasa sera toujours une source de tension entre les combattants et le régime Kabila aussi longtemps que les choses n’auront pas changé politiquement dans notre pays.

Tshibala comme Badibanga

Un autre problème sera celui concernant Bruno Tshibala, ancien cadre de l’UDPS ayant rejoint la fronde contre la restructuration du Rassemblement de l’opposition (Rassop). En ralliant Joseph Olenghankoy, l’UDPS n’a fait que constater l’auto-exclusion de Tshibala du parti à l’instar de celle autre de Valentin Mubake qui s’était fait consulter –selon ses dires- par Joseph Kabila avant la nomination de Tshibala comme Premier Ministre. Cette dernière considérée comme un débauchage dans les rangs de l’UDPS et donc de l’opposition, Tshibala n’est pas donc reconnu. Car son accession au pouvoir faisant une entorse et un non-respect de l’Accord Politique Global et Inclusif du 31 décembre 2016 signé entre la Majorité et l’Opposition.

Comme son prédécesseur à la primature Samy Badibanga, un autre ancien et exclu de l’UDPS nommé à l’issue du premier dialogue sous Edem Kodjo, Tshibala sera certainement interdit des obsèques de Tshisekedi. Pourtant, il se réclame dépositaire de la mémoire Tshisekedi et son esprit de combat pour la démocratie. Comme on le vit actuellement, les disputes au sein de la famille de la fille aînée de l’opposition ne sont certes pas prêtes à se terminer.

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