home Politique, RD Congo, Régions Gédéon Kyungu Mutanga : « la Majorité présidentielle est notre famille politique, je suis aux côtés de Joseph Kabila »

Gédéon Kyungu Mutanga : « la Majorité présidentielle est notre famille politique, je suis aux côtés de Joseph Kabila »

Kyungu Mutanga dit Gédéon, l’un des plus grands criminels sanguinaires impuni du pays refait parler de lui en sortant de son silence comme pour narguer et terroriser de nouveau ses victimes qui attendent toujours justice. « Je vis comme un citoyen dans son pays. Oui je peux sortir puisque j’ai confiance dans l’Etat de mon pays, puis que je suis un congolais. Moi je suis entre les mains de l’Etat congolais. J’ai un parti politique très fort, il y a des milliers et des milliers des membres on ne peut pas es compter. Là nous allons soutenir la majorité présidentielle qui est notre famille politique. Je suis aux côtés de Joseph Kabila ».

Ces propos ahurissants, Gédéon Kyungu les tenaient à nos confrères de TV5 Monde Afrique dans leur série de reportages sur l’ancienne province du Katanga unifiée. C’était au cours d’une interview téléphonique pour son JT Afrique du 29 mars 2017 depuis sa luxueuse résidence du Quartier Golf mise à disposition par le régime depuis son étonnante reddition du 11 octobre 2016. (Lire nos articles RD Congo : l’étonnante reddition de Kyungu Mutanga dit « Gédéon» et ses zones d’ombre https://www.afriwave.com/?p=991 et Kyungu Mutanga dit «Gédéon», la nouvelle vie de «Pacha» d’un criminel qui aimerait devenir politique https://www.afriwave.com/?p=1218 ).

Chef milicien de Bakata Katanga et fugitif criminel recherché depuis plusieurs années, Gédéon Kyungu Mutanga est réapparu le mardi 11 octobre 2016 et accueilli en triomphe par le Général Galenga de la police nationale congolaise à son entrée dans le chef-lieu de la province Lubumbashi ainsi que par le gouverneur Kazembe. Il se dit aujourd’hui à la tête d’un parti politique au nom qui dit et évoque tout : le MIRA (Mouvement des Indépendantistes Révolutionnaires Africains), qui remplace sa milice Bakata Katanga avec des milliers des membres que l’on ne peut compter. Et comme pour défier quiconque, il clame son appartenance à la majorité présidentielle qui est sa famille politique. Qu’en pense donc l’autorité morale de cette majorité et ses délégués qui la gère ?

Arrêté pour la première fois le 12 mai 2006 à Mazobwe Mitwaba par le contingent béninois de la MONUC, il fut condamné à mort lors d’un premier procès pour anthropophagie et cannibalisme en 2009. Evadé le 7 novembre 2011 de la prison à haute sécurité de Kassapa pour son fief de Mitwaba, il n’avait cessé de narguer les autorités du pays. Ses miliciens de Bakata-Katanga ont semé désolation, mort et terreur sur leur passage à travers l’ancienne province du Katanga unifiée dans le triangle dit de la mort entre Manono, Mitwaba et Pweto.

 

La peur des victimes et quid de leur indemnisation ?

Elles sont 110 familles qui attendent que justice et indemnisation leur soient rendues jusqu’en ce jour et qui vivent de nouveau dans la peur. Du gouvernorat aux services de l’ANR (Agence nationale des renseignements) à l’auditorat militaire, personne ne sait dire ni la situation ni le statut de Gédéon Kyungu. Un membre d’une famille victime témoigne : « Où est la place des familles et des victimes de cet individu qui a semé la terreur dans son triangle de la mort Mitwaba-Manono-Pweto entre 2003 et 2006 ? Pourquoi Kinshasa et Lubumbashi ne disent mot jusqu’à ce jour quant à la réparation en faveur de ces victimes ? Trop, c’en est de trop et l’on comprend pourquoi le peuple révolté veut descendre dans la rue pour manifester sa colère et son ardent désir du changement. Par les mensonges de ses conseillers occultes, le président Mobutu n’avait jamais senti que le vent du changement allait l’emporter alors que ses Consultations populaires et la Conférence nationale Souveraine (CNS) l’y avait bien sentir. Le président Joseph Kabila en qui nous avions cru à cause de sa jeunesse en âge et son état d’esprit supposé est aujourd’hui tombé dans la même erreur à cause des mêmes conseillers qui le manipule tous les jours. Je crains que lorsqu’il s’en rendra compte, il soit trop tard ».

C’est un dossier à suivre….

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