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Kinshasa : une manifestation d’élèves dispersée violemment à coup de gaz lacrymogène

Les faits se déroulent le lundi 20 février 2017 en pleine matinée et la débandade est totale comme en témoigne les images amateurs qui circulent sur les réseaux sociaux. C’est à coups de crosses, des pieds et enfin des gaz lacrymogènes que la police nationale congolaise (PNC) de Kinshasa a dispersé une manifestation spontanée des élèves du Complexe scolaire des Frères des Ecoles Chrétiennes, les Collèges Alingba et Zuza situés avenue Kasa-Vubu dans la commune de Kintambo. La marche de protestation se dirigeait vers l’Hôtel de Ville de Kinshasa, siège du gouvernorat et on a dénombré des blessés parmi les enfants.

En début d’avant-midi donc, des centaines d’élèves sont descendus dans la rue pour protester contre la spoliation d’une partie du site de leur école appartenant à la congrégation des frères des écoles chrétiennes de Kitambo au profit d’un promoteur immobilier. Selon des élèves en colère, l’acheteur ne serait autre qu’un membre du gouvernement actuel de Samy Badibanga sans pour autant donner des preuves.

 

Au cours de cette manifestation, des slogans hostiles à l’endroit d’un certain nombre des gens, y compris les autorités urbaines administratives et policières de la ville province et capitale Kinshasa ont été scandés. Notamment comme ce NON au Colonel Willy de la Police d’Intervention Rapide (PIR), NON à l’intrusion des policiers armés et indisciplinés dans leur milieu scolaire considéré comme sanctuaire du savoir, NON au Procureur Mwepu, NON aux autorités de l’État considérées comme faisant partie de ce complot sur la vente du terrain de leur école et enfin NON aux assassins de la Jeunesse congolaise. Un nom par contre, un certain Mr Benseke; non autrement identifié était également conspué.

Cette situation de spoliation de terrain scolaire dans la ville de Kinshasa comme ailleurs dans le reste du pays n’en est pas la première. Certes la pression immobilière est devenue trop grande que les terrains à bâtir se raréfient dans les centres urbains, une solution facile demeurant la spoliation des sites scolaires qui ont été des sanctuaires des années durant. Déjà, l’Institut de la Gombe a vu une partie de son site vendu à un promoteur de salle de fitness qui ne serait qu’un proche parent du président de la République en personne selon des anonymes. La dernière tentative de vente d’une autre partie à un groupe chinois avait été de justesse suspendue grâce à la manifestation de colère et à la vigilance des élèves eux-mêmes.

La réaction des politiques

La colère qui gronde n’est pas près de s’éteindre. Car disent les Kinois, on ne peut comprendre que l’on puisse hypothéquer l’avenir de tout un pays au travers de sa jeunesse par la spoliation de manière quasi permanente des terrains des écoles sans que personne ne se bouge. De plus, la répression violente par la police d’une manifestation des enfants qui revendiquaient leur droit est un acte de trahison nationale qu’il faut sanctionner durement.

Le député de l’opposition et président de l’UDA Originelle Claudel Lubaya est le plus engagé contre le pouvoir : A l’instar de ceux (élèves) de Soweto en 1976 massacrés pour leurs droits les plus légitimes, les élèves d’une école de Kitambo ont été gazés au lacrymogène ce matin. On dénombre des blessés parmi eux. Violence aveugle, Apartheid; écrit-il sur ses comptes Facebook et Twitter.

Pour le gouverneur de la ville de Kinshasa, André Kimbuta Yango ainsi que le ministre Musemena; il y a lieu de féliciter les enfants pour leurs courage dans la dénonciation de cet acte d’incivisme. Personne, alors personne, ne va bénéficier même d’un mètre carré, on ne va pas toucher l’école dans ces limites. Même si ces gens-là détenaient des documents vrais, nous allons tout faire pour les annuler. C’est l’avenir du pays qui est hypothéqué.  Pour le cas de Alingba, nous (Gaston Musemena et André Kimbuta) allons instruire le commissaire provincial de la police de déguerpir tous ceux qui occupent le site de manière illégale et de le sécuriser.

 

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