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Dépouille Étienne #Tshisekedi : Le Saint Graal de l’opposition

AFRIWAVE.COM a reçu cet article opinion signé par un de ses lecteurs et que nous publions dans son intégralité.

Dépouille Étienne #Tshisekedi : Le Saint Graal de l’opposition

Les commentaires fusent de toutes parts et vont dans tous les sens après la déclaration de l’UDPS et ses alliés du RassOp qui rejettent l’offre (teintée des railleries) de la prise en charge des obsèques et le choix du lieu où sera enterré la dépouille mortelle d’Étienne Tshisekedi Wa Mulumba décédé en Belgique depuis le 1er février 2017.

Chacun y va de son humeur et de ses convictions. Ceux qui par contre n’ont rien à dire se limitent à des déclarations du genre : «Laissez-nous tranquille. Il est déjà mort». Soit. Certains évoquent même l’idée de marchandage autour de la dépouille d’Étienne #Tshisekedi. Si tel est donc le cas, c’est reconnaitre la valeur de cette dépouille tant pour sa famille biologique et politique que pour ses adversaires politiques.

C’est aussi implicitement reconnaitre les enjeux politiques énormes autour de cette dépouille mortelle d’Étienne Tshisekedi Wa Mulumba. Et ceci, nous rappelle la dispute qui a éclaté sur le corps de Moise entre l’archange Michael et le diable dans Jude 9. Et seul Dieu dans sa souveraineté sait aujourd’hui où se trouve la dépouille de Moise.

Qu’importe les tergiversations et les avis divergeant sur le rejet de l’UDPS de l’offre de la prise en charge des obsèques par le gouvernement congolais ainsi que les conditions posées. Il faut reconnaitre que c’est de bonne guerre entre politiciens. D’aucuns estiment que si l’UDPS baisse les bras, il perd son combat et la longue lutte qu’a mené l’un de ses pères fondateurs. C’est l’ultime combat qui se joue là autour de la dépouille mortelle de Tshisekedi.

Car une fois enterré, il faudra logiquement pour l’UDPS et ses alliés du RassOp tout oublier de l’homme et de tout ce pourquoi il a lutté jusqu’à sa mort.  Et sa dernière bataille étant celle de voir être mis en application l’Accord Politique Global et Inclusif du 31 Décembre 2016 que certains n’hésitent plus à baptiser : «Accords Tshisekedi», tout va de soi.

Et après !

Posons-nous les bonnes questions. Qu’est-ce qui se passera ensuite après que la dépouille mortelle d’Étienne Tshisekedi soit mise sous terre ? Qui prendra valablement la place de Tshisekedi avec le charisme qu’on lui reconnaissait pour la continuité des discussions à la CENCO? Absolument personne à cette dernière question. Certes qu’il y a des éléments au sein du RassOp mais pas de la trempe de Tshisekedi. Un membre du gouvernement congolais a d’ailleurs sans aucune gêne évoqué l’utilité d’une révision dudit Accord d’autant plus que la présidence du CNSA revenait au décédé. Donc c’est dire tout l’importance que revêt la personne d’Étienne Tshisekedi même après sa mort.

D’autres personnes vont même jusqu’à dire que le corps est pris en otage et que c’est malsain et immorale. Penser ainsi c’est jouer le jeu du monstre politique qu’est la Majorité présidentielle au pouvoir. Les uns évoquent le cas de l’ancien président Mobutu qui est enterré au Maroc insinuant ainsi le fait que celui de Tshisekedi peut aussi être enterré même en Belgique. C’est aussi ne pas faire une bonne lecture de l’histoire et du coup biaisé toute analyse objective.

À qui donc profite cette situation ? Sans nul doute au gouvernement congolais dans la mesure où il prend son temps et s’éternise au pouvoir. Cependant pour tout observateur attentionné, il sied de rappeler que la légitimité du pouvoir en place ne tient qu’à un fil et que s’il en est encore ou il en est c’est grâce quelque part à ces assises de la CENCO qui ont momentanément réduit les ardeurs des uns et des autres. Le tic-tac de la bombe du 19 Décembre 2016 ne s’est pas encore arrêté. Et Kinshasa devrait reconnaître qu’il est assis sur une poudrière et que tout peut sauter d’un moment à l’autre.

Et pendant ce temps, il est envisageable que l’opposition congolaise quoi qu’ayant perdu un de ses généraux tombé sur le front, peaufine des stratégies à même de contrer la mauvaise foi explicite du gouvernement quant à l’application des accords issus des assises de la CENCO. Evidemment le combat n’est pas fini.

Quid du respect des morts ? Oui mais le respect des accords pour les vivants aussi. L’UDPS et ses alliés au sein du RassOp ont en face d’eux un sadique politique qui n’hésiterait pas à fouetter un cadavre soit-il de Tshisekedi. Ils doivent ainsi se préserver d’un tel outrage.

Les morts n’ont pas des sentiments, les morts n’ont pas une pensée. C’est nous qui projetons à l’image de ces morts nos sentiments. Et cela se traduit par nos pleurs, nos mortifications, etc… Les morts ne ressentent aucune douleur, ce sont nos souvenirs de leur vécu et de cette perte qui nous accablent. Honorer la mémoire de l’illustre disparu en la personne d’Étienne Tshisekedi c’est aussi mener à bout son combat même s’il faudrait se servir de son corps.

TATU KALEKA M.

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