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Accord Politique : reprise des discussions et nouvel ultimatum de la CENCO

Les discussions sur l’Arrangement Particulier, texte additif et explicatif pour la mise en œuvre de l’Accord Politique Global et Inclusif du 31 décembre 2016 ont repris ce matin au Centre Interdiocésain de Kinshasa. 18 jours après la signature de cet Accord entre la Majorité Présidentielle (MP) d’un côté et l’Opposition de l’autre, le bout du tunnel semble toujours ne pas visible et les négociations piétinent. Si le rapport de la sous-commission sur le Conseil National de Suivi de l’Accord et ….a été entendu par la plénière, celui sur la répartition des postes ministériels a été  renvoyé à vendredi 20 décembre 2016 à 16h00’.

A l’occasion de cette reprise et par la voix de son président, Mgr Marcel Utembi; la CENCO a prévenu tout le monde qu’elle ne pourra poursuivre ses bons offices au-delà de la date de samedi 21 janvier 2017 si l’Arrangement Particulier n’est adopté et signé. Cette exaspération dans le chef de l’Eglise est un signe de ce malaise ressenti par les Évêques dans la mauvaise foi manifeste des politiques, surtout ceux de la MP pour la recherche d’un consensus national et éviter ainsi un embrasement généralisé du pays dans une violence que personne ne s’aura maîtriser explique un participant catholique sous anonymat. Et à lui de continuer : «l’on ne comprend toujours pas pourquoi la MP revient chaque matin avec des nouvelles conditions qui n’ont jamais été discuté, encore moins contenues dans l’Accord signé par tous sans y être forcé».

Les violons semblaient être à point sur la taille du futur gouvernement quant au nombre des ministres déterminé à 46 le premier d’entre-eux y compris, ils sont toujours plus que loin de s’accorder entre la MP et L’Opposition du Rassemblement pour ce qui du mode de désignation et de la nomination du futur Premier ministre. Mais aussi sur le nombre des ministères revendiqués par chacune des composantes selon qu’on soit signataire ou non des deux Accords (18 octobre et 31 décembre), qu’on soit ou non au parlement actuel déjà en glissement et selon le nombre des députés de son groupe parlementaire… (Lire notre article : Accord politique et Futur Gouvernement de Transition : du travail pour la CENCO et nouveaux blocages en perspectives https://www.afriwave.com/?p=1884 ).­

Selon des indiscrétions, dans un document reprenant en détail le nombre des députés actuels et déposé le weekend auprès du bureau de la CENCO en marge des discussions sur l’Arrangement Particulier, la MP a introduit une nouvelle notion de représentativité et du poids des partis politiques à l’Assemblée Nationale. Ce qui lui permettrait d’exiger  65% des postes ministériels à pourvoir au sein du futur gouvernement. Ce que n’accepte pas le Rassemblement qui table sur une répartition à parts égales non seulement des portefeuilles dits de souveraineté mais aussi des 6 autres importants ministères dont Le Plan, Le Budget, Les Finances, Les Infrastructures, L’Économie, PTNTIC.

Et ce, en évoquant une situation politique particulière pour une gestion consensuelle de la période transitoire avant les élections prévues en fin d’année 2017. De leur côté, la partie de l’opposition politique signataire de l’Accord du 18 octobre 2016 avec Vital Kamerhe proposait sa répartition des portefeuilles ministériels à raison de 15 ministères pour leur groupe, 15 pour la MP, 11 pour le Rassemblement, 2 pour la Société civile signataire de l’Accord du 18 octobre et 2 pour celle non signataire.

Le casse-tête premier ministre

Selon le texte de l’Accord du 31 décembre 2016, «Le gouvernement de la République est dirigé par le Premier ministre présenté par l’opposition politique non signataire de l’Accord du 18 octobre 2016» donc le Rassemblement. Ce à quoi rétorque la MP que le dernier mot revient au pouvoir discrétionnaire du chef de l’Etat à qui l’opposition devra remettre une liste d’au moins 7 noms pour un choix définitif. Et pendant ce temps, l’actuel premier ministre  Samy Badibanga freine de tous ses fers. Soutenu par ses trois proches ministres dont Jean-Lucien Bussa, José Makila et Azarias Ruberwa; ils refusent de signer l’accord de la CENCO et exigent le maintien de Badibanga à la tête du futur gouvernement tout y intégrant les membres du Rassemblement.

Le précèdent à l’issu du 1er dialogue de la Cité de l’Union Africaine et son Accord du 18 octobre 2016 avec la nomination surprise de Samy Badibanga comme Premier ministre à la place de Vital Kamerhe pressenti est encore frais dans tous les esprits. Ainsi, le Rassemblement se méfie-t-il de la MP pour ne pas finir floué par Kabila s’il présente plusieurs candidats au poste. Raison pour laquelle les composantes du Rassemblement se sont-elles mises d’accord de laisser le poste de Premier ministre à l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS), dont le nom du fils Tshisekedi, Félix reste le plus cité comme probable Premier ministre.

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