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RDC et communications : Internet et Réseaux sociaux sous haute surveillance dans le pays…

Principe de précaution ou censure politique de la communication? Internet, Réseaux sociaux et médias sont et seront sous haute surveillance en RDC  dans les jours à venir en RDC. Est-ce par principe de précaution de quelque chose de grave qui pourra en advenir ou une censure politique ? Cette mesure qui intervient avant le 19 décembre 2016, date qui marque la fin du deuxième et dernier mandat constitutionnel de Joseph Kabila à la tête du pays a-t-elle quelque chose de hasard ? Cette question est sur toutes les lèvres depuis que les autorités congolaises ont pris la décision de filtrer, de restreindre à défaut carrément de couper Internet et les réseaux sociaux sur l’ensemble du pays à dater du 18 décembre 2016 à 23h59’.

Selon nos confères de l’Agence France Presse (AFP),  les trois fournisseurs d’accès internet du pays ont indiqué avoir reçu une notification formelle de l’Autorité de Régulation des Postes et des Télécommunications (ARPTC) les enjoignant de restreindre l’accès aux réseaux sociaux “à dater du 18 décembre 2016 à partir de 23h59”. Le document de l’ARPTC signé son président Oscar Manikunda Musata et sans aucunes autres explications est claire dans sa demande : le blocage momentané de tous les échanges d’images, des vidéos et de la voix via réseaux et cite une liste “non exhaustive” de ces réseaux parmi lesquels les plus célèbres : Facebook, WhatsApp, Twitter, Skype, Google+…Dans la mesure où le blocage partiel ne sera pas possible, il vous est demandé dès lors de bloquer tout accès intégral auxdits réseaux sociaux.

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Evoquez pour cause des raisons de sûreté nationale, cette mesure présentée aux opérateurs internet sur demande du gouvernement congolais sera exécutée pour cause des obligations” légales et contractuelles même si les services de minimessages (sms) devraient, eux, continuer de fonctionner. Surtout que les autorités congolaises ont averti au cours de la réunion du mardi 13 décembre 2016 que la non application des restrictions demandées se traduirait par une révocation de la licence des opérateurs récalcitrants. Les réseaux sociaux sont le mode d’accès à l’internet le plus répandu dans le pays car très facile d’emploi à partir d’un smartphone, et de leur coût relativement bas pour une population largement qui vit en dessous du seuil de pauvreté.

Un moyen technique gratuit et simple pourtant…

Pour contourner la probable coupure d’internet et des réseau sociaux… il suffit de télécharger VPN gratuitement et l’installer sur son smartphone ou sa tablette qui est une application capable de vous permettre d’accéder aux sites restreints pour contourner toute censure. Une fois SuperVPN Free téléchargée, il vous suffira juste d’appuyer sur le bouton «Connect» de la fenêtre principale pour lancer l’application ce jour-là afin d’avoir accès a internet ou aux réseaux sociaux.

 

 

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Mais aussi téléchargez FireChat by Open Garden en cas de coupure internet.

Même le foot est passé à la trappe…

Toujours dans le registre de la peur d’avant le 19 décembre 2016 même si on ne veut pas l’avouer, le championnat de la Ligue Nationale de Football (Linafoot) a été suspendu. C’est une décision du ministre Pprd de tutelle Denis Kambayi qui prend cours sur toute l’étendue du pays à dater du 15 décembre 2016 jusqu’au 14 janvier 2017.  Entre autres causes, le ministre évoque ce qu’il qualifie d’excès des violences dans les stades, le non-respect de la clé de répartition des recettes entre les gestionnaires du championnat et le gouvernement, les dégâts causés dans les différentes installations sportives qui ne sont pas payés par les clubs fautifs et l’absence de civisme sportif et de la bonne conduite des supporters.

Comme on le sait, depuis un certain temps, les supporters congolais ont pris l’habitude de transformer les matchs de foot en une tribune de libre expression où il est rappelé à Joseph Kabila la fin imminente de son mandat le 19 décembre 2016. Ce qui ne plait toujours pas au gouvernement incapable d’empêcher ces quolibets dans les stades.

Le carton rouge de l’opposition

Les opposants de Joseph Kabila ont menacés d’appeler à des manifestations dans tout le pays à partir de lundi 19 décembre 2016 jusqu’à ce qu’il quitte le pouvoir. Cette date a donc été choisie de lui brandir un carton rouge comme pour l’exclure du terrain de jeu politique dans le pays. Au pouvoir depuis 2001 après l’assassinat de Laurent-Désiré Kabila et ayant remporté les deux élections de 2006 et 2011, la Constitution lui interdit de se représenter pour un troisième mandat. La présidentielle n’ayant pas été organisée à temps, l’Accord politique du 18 octobre 2016 et l’interprétation de l’article 70 de la même constitution par la Cour Constitutionnelle saisie par sa majorité parlementaire lui accorde de rester en place jusqu’à l’élection du nouveau président. Ce dont ne veut pas entendre parler l’opposition qui veut le voir démissionner le 20 décembre 2016.

L’appel à manifester lundi contre M. Kabila est pour l’heure suspendu à des négociations sous l’égide de l’Église catholique en vue de trouver un compromis permettant d’organiser une transition politique jusqu’à l’organisation des élections. Entamées le 8 décembre 2016, ces négociations sont censées s’achever vendredi mais semblaient dans l’impasse ce jeudi 15 décembre 2016. Pour le gouvernement congolais, rien ne se passera le 19 décembre, encore moins les jours suivants. La communauté internationale par contre craint que le pays déjà  ravagé par deux guerres civiles entre 1996 et 2003 ne replonge dans une spirale de violence incontrôlable faute d’accord politique d’ici à dimanche.

Si en janvier 2015, lors des émeutes contre la revision constitutionnelle envisagée par le parlement, les autorités avaient ordonné une coupure brutale de l’internet pendant 48 heures; c’est toute l’économie nationale qui en vait souffert par une paralysie des banques et autres services de l’Etat. En retablissant Internet quelques jours plus tard, les réseaux sociaux étaient restés coupés pendant plusieurs semaines. Cette fois-ci, les autorités ont compris la leçon, estime un des opérateurs du pays. Il ne s’agira pas d’un black-out d’internet qui a causé énormément de tort sur le plan économique comme la dernière fois, souligne un autre.

L’UNPC s’indigne

Dans un communiqué de presse signé par son président Kasonga Tshilunda et rendu public en ce jour, L’Union Nationale de la Presse du Congo s’indigne de cette décision non concertée.

COMMUNIQUE DE PRESSE

L’Union Nationale de la Presse du Congo a lu, avec regret sur les réseaux sociaux, une lettre signée par Oscar MANIKUNDA MUSATA Président du conseil d’administration de l’ARPTC (Autorité de régulation des postes et télécommunications du Congo) par laquelle il demande à Monsieur le Directeur Général d’instruire leurs services techniques compétents afin de procéder, à dater de dimanche, 18 décembre 2016 à 23 h 59’, au blocage momentané de tous les échanges d’images, des vidéos et de la voix via réseaux.

Il va plus loin jusqu’à dire que si le blocage partiel n’est pas possible, qu’il soit intégral.

L’UNPC s’insurge contre cette façon d’agir qui s’apparente à la restriction de la liberté d’expression et de la presse.

En effet, pas plus tard que le 8 décembre dernier, les professionnels des médias en ligne se sont retrouvés pour s’organiser vu l’ampleur que prend ce secteur en RDC et ont créé un Collectif des médias en ligne. Alors que la période est cruciale et nécessite que l’information circule en toute responsabilité, les sociétés de télécommunication vont être obligées d’empêcher les journalistes en ligne de travailler.

Devant cette situation, nous recourons auprès des autorités du pays pour qu’elles s’impliquent afin que les réseaux sociaux ne soient pas bloqués.

Fait à Kinshasa, le 15 décembre 2016

LE PRESIDENT DE L’UNPC,

Kasonga Tshilunde

Ambassadeur pour la Paix

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