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Le meeting du Rassemblement du 19 novembre 2016 de nouveau empêché

Le meeting de l’opposition du Rassemblement des Forces Politiques et Sociales acquises au changement prévu avec Étienne Tshisekedi le 19 novembre 2016 au matin a de nouveau été empêché. L’opposition entendait ainsi encore réclamer le départ du président Joseph Kabila le 20 décembre 2016, date de la fin de son deuxième et dernier son mandat constitutionnel.

C’est tard dans la nuit que d’importantes forces de l’ordre et de sécurité avec l’armée et la police avaient bouclé tous les coins stratégiques de la capitale Kinshasa. Il en était de même pour la résidence d’Etienne Tshisekedi où les entrées et sorties n’étaient autorisées. Si au final il n’y a pas eu de tentative de regroupement, des interpellations ont eu lieu, notamment aux environs du siège de l’UDPS à Limete.

Des quartiers comme Mombele comme La Place Sainte-Thérèse à N’djili ont été «isolés» sans droit d’y accéder. Le dernier endroit considérait comme le Plan B du Rassemblement pour la tenue de son meeting selon la police. «Faux et archifaux, le pouvoir a simplement une peur bleue du peuple, c’est tout», explique le SG de l’UDPS Jean-Marc Kabund wa Kabund à la presse. Et enfin, comme en début du mois, le lieu du meeting de l’opposition; les quatre terrains de l’Esplanade du Boulevard Triomphal étaient occupé par un tournoi de foot féminin entre femmes policières en présence de leur chef le général Kanyama qu’accompagnait le ministre de l’Intérieur Évariste Boshab.

Tournoi de la non-violence

 «Nous organisons le tournoi de la non-violence et je remettrai la coupe à 18h», lançait pince sans rire le général Kanyama à la presse. Pour sa part le porte-parole de cette même police à Kinshasa, le colonel Pierre Rombaut Mwanamputu expliquait que le dispositif sécuritaire dans la ville-capitale avait pour objectif «d’empêcher l’exercice de toute action à caractère politique non autorisée». Le 5 novembre déjà, la police avait empêché une autre manifestation du Rassemblement avec un déploiement sécuritaire impressionnant dans les rues de Kinshasa; occasionnant un ralentissement des activités toute la journée, la population ayant jugé plus sûr de rester chez elle par crainte d’éventuelles violences comme les 19 et 20 septembre. 49 civils et 4 policiers avaient trouvés la mort selon l’ONU et plus d’une centaine selon l’opposition en marge d’une marche du Rassemblement à Kinshasa.

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Depuis cette date, le pouvoir a réussi à empêcher toute manifestation d’opposition dans la capitale, où le signal de la RFI est coupé par les autorités depuis le 5 novembre. Y compris le brouillage de ceux de la radio belge RTBF et celle de l’ONU la radio Okapi.

Une profonde crise politique devenue institutionnelle sans fin

La crise politique profonde née de la réélection contestée de Joseph Kabila en 2011 face à Etienne Tshisekedi, on est passé aujourd’hui à une crise institutionnelle grave. La  décision de l’Accord politique du 18 octobre 2016 entre la majorité au pouvoir et la frange minoritaire de l’opposition de renvoyer la présidentielle en avril 2018 et la nomination jeudi 18 novembre Samy Badibanga Ntita, un ex- de l’UDPS (lire Samy Badibanga Ntita nommé premier ministre de la période transitoire https://www.afriwave.com/?p=1268), au poste de premier ministre pour la période transitoire ne solutionne rien. Avec cet Accord et dans son application, Kabila dont la Constitution n’autorise pas une représentation pour un troisième mandat reste à son poste après le 20 décembre 2016. Ce qui est inacceptable pour l’opposition majoritaire du Rassemblement et la grande majorité des congolais.

Sur les réseaux sociaux, seul endroit encore d’expression libre pour la population ; les réactions vont dans plusieurs sens. Ainsi, Kally Kiakwama Kia Kiziki écrivait sur son mur Facebook le 19/11/2016 «qu’au-delà des chapelles, des nominations, des renoncements, des convictions, des déceptions et des postures, il est évident que l’accord de la Cité de l’OUA n’a rien résolu. Le ton ne cesse de monter et le mur se rapproche. On maintient la paix en organisant un autre round de négociations ou bien on maintient l’antagonisme qui conduira à l’épreuve de force dont on ne connait jamais l’issue a priori?».

Face à la mauvaise foi et au durcissement dans le chef du régime, Le Rassemblement dit par Olivier Kamitatu ‏@OlivierKamitatu «Désormais, le Rassemblement envisage toutes les éventualités pour assurer le respect de la Constitution». Pendant ce temps, les jeunes de cette plateforme politique scandent en commun «ne pas avoir peur, même au prix du sang au nom de la démocratie nous acceptons le sacrifice suprême»  en fixant le dernier rendez-vous pour la carte rouge à Kabila le 20 décembre 2016.

Dans une déclaration remise à la presse, le Rassemblement de l’opposition a annoncé déclencher le compte à rebours de la fin du mandat de Joseph Kabila à dater de ce jour tout en dénonçant l’interdiction de manifester et les arrestations dans ses rangs.

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