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Samy Badibanga et l’épreuve de l’exercice du pouvoir à côté de Joseph Kabila

Ils sont quatre, du plus vieux aux jeunes de sa génération à l’avoir servi comme premier ministre entre 2006 et 2016 avec cap sur 2018 : Antoine Gizenga, Adolphe Muzito, Augustin Matata et Samy Badibanga. Avec la formation de son futur gouvernement, le dernier en date sera très bientôt confronté à l’épreuve de l’exercice du pouvoir face à un président dont la majorité a eu difficile à lâcher le poste de poste en faveur de l’opposition minoritaire.

Déjà, Kamerhe qui avait convaincu Badibanga de l’accompagner dans l’aventure du dialogue politique qui a légitimer le glissement du calendrier électoral et de facto la rallonge de la présidence Kabila au-delà de la fin de son deuxième et dernier mandat constitutionnel le 19 décembre 2016 jusqu’en avril 2018. En ne voulant plus aujourd’hui faire partie du gouvernement, c’est sûrement la déception de n’avoir pas été choisi, lui qui se voyait dans le fauteuil pour mieux préparer 2018 souffle un de ses ex-proches qui a préféré le quitter pour rejoindre le Rassemblement et qui prédit d’autres défections pour très bientôt. De même pour la position de son parti l’UNC qui préfèrerait intégrer le Comité de suivi chargé de garantir l’application des décisions de l’Accord politique et la Commission Electorale Nationale Indépendante (Ceni) réorganisée.

Dire aujourd’hui qu’il ne participera au nouveau gouvernement dans le chef de Kamerhe, l’on ne comprendra plus le pourquoi du combat de président de l’UNC avant, pendant et après le dialogue de Kinshasa afin d’éviter le pire au pays clamait-il. Une chose aussi est certaine : Kabila n’est pas oublieux de 2009 et de la déchirure entre lui Kamerhe à propos de la première intervention des troupes rwandaises au Congo sans que le parlement n’en soit prévenu. Kamerhe aurait dû prendre son courage et participer au gouvernement même s’il n’a pas été nommé premier ministre.

Badibanga face à Kabila, pour quel rapport des forces ?

Le Premier ministre Badibanga peut-il réussir là où ses trois prédécesseurs ont fait de la figuration et étaient inaudibles tout au long de leurs mandats à côté d’un Kabila dont l’omniprésence la majorité possède un appétit glouton dans un pays où tous les pouvoirs et les moyens d’action sont concentrés à la Présidence de la République depuis l’époque de Mobutu jusqu’à e jour ? Les précédents Premiers ministres Antoine Gizenga, son beau-frère Adolphe Muzito et l’homme de confiance Augustin Matata ne détenaient, dit-on, que l’apparence du pouvoir, le vrai étant dirigé par la famille et un pré-carré des conseillers aussi puissants les uns les autres que des ministres en exercice.

Le premier test de la capacité de Badibanga face à Kabila sera le choix des ministres devant faire partie du gouvernement et la répartition des portefeuilles dont ceux régaliens. En choisissant Badibanga, Kabila savait très bien ce qu’il voulait : une personnalité effacé qui ne saura lui faire de l’ombre, sans une trop grande expérience politique en dehors de son unique mandat de député national gagné à Kinshasa sous les couleurs de l’UDPS Tshisekedi dans la circonscription du Mont-Amba en 2011. Ainsi, ce premier ministre pourra être malléable à souhait pour des visées qui n’ont jamais été révélées.

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