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Jusqu’où ira Vital Kamerhe ?

La fin annoncée des travaux du Dialogue politique national congolais tarde à venir. Et ce, pour cause des divergences entre l’opposition pro-dialogue et la Majorité Présidentielle droite dans ses bottes et toujours prête à défendre ses privilèges. Pendant ce temps, la manifestation du Rassemblement du 19 septembre réprimée dans le sang est passée par-là. La reprise des travaux du dialogue annoncée pour mardi 20 et repoussée au vendredi 23 septembre sans qu’on en sache la raison exacte. Dans une sortie médiatique qu’on lui prêterait, Vital Kamerhe aurait condamné les manifestations de l’autre opposition hors-dialogue.

Dans ce climat, une chose est certaine : la facilitation du togolais Edem Kodjo peine à mettre d’accord les deux parties qui semblaient pourtant être devenues amie-amie. Ce forum national censé être inclusif entre tous les congolais avait pour but de trouver une solution face au blocage institutionnel quant à l’organisation de la présidentielle devant se tenir en novembre 2016 après l’échec de la tentative de la Majorité Présidentielle (MP) de modifier la Constitution en vue de supprimer la limitation du nombre de mandats en janvier 2015.

Au sein de ce forum qui a démarré ses travaux le 1er septembre courant, un homme pourtant s’est illustré : Kamerhe Lwa-Kanyiginyi N’Kingi dit Vital. Hors sa qualité de Co-modérateur pour le compte de l’opposition certes minoritaire mais pro-dialogue à côté d’Alexis Thambwe Mwamba pour la MP et séant Ministre de la Justice.  Kamerhe est de toutes les interventions dans les médias radiotélévisées pour analyser, pour expliquer, justifier le bien fondé de sa participation mais aussi sa position actuelle et le but du dialogue lui-même. Pendant ce temps, ses anciens collègues de la majeure partie de l’opposition auront boycotté jusqu’à la fin la rencontre.

Parait-il que ses prises de position alors qu’on attendait l’Accord politique final pour samedi 17 septembre 2016 commencent à exaspérer même ceux qui l’avaient pourtant entraîné dans cette mission périlleuse. Qu’on le veuille ou non, la MP aura joué et gagné sur toute la ligne car comme partout ailleurs en Afrique et les exemples sont légions, il ne fallait pas s’attendre à un miracle de la part de l’opposition pro-dialogue quant à ses chances de gagner quelque chose.

Les derniers remous provoqués par l’homme fort de l’Union pour la Nation Congolaise (UNC) à propos de la fixation par ce forum de la date précise de la prochaine présidentielle ne laissent pas indifférent. Si à la MP on fulmine de cette dernière sortie et on trouve cette question insensée, des interrogations se posent au sein de son propre parti où des plaies béantes sont ouvertes depuis les démissions et les départs de deux fondateurs d’origine Jean-Bertrand Ewanga Is’Ewanga et Claudel André Lubaya, respectivement SG et 1er SG Adjoint du parti.

Cette implosion pourtant prévisible depuis l’affaire Justin Bitakwira en mai 2014 n’avait jamais alerté les responsables de l’UNC lorsqu’il avait fallu le remplacer comme président du Groupe UNC au sein du parlement de Lingwala comme l’écrivait afriwave.com (Vital Kamerhe et l’UNC, vers une implosion assurée ? https://www.afriwave.com/?p=297 ). Puis vint les affaires Ewanga et Babandoa que relevait encore www.afriwave.com malgré le démenti formel de Vital Kamerhe en personne via son twett : Le Sg Ewanga et mme Babandoa demeurent bel et bien dans leurs fonctions au sein du Parti. Pas de fait de Prince à L’UNC #RDC #YEBELA– Vital Kamerhe (@VitalKamerhe1) du 30 mai 2016) et les interventions de  Baudouin Mayo dans les médias kinois pour éteindre le feu qui couvait.

L’ancien SG de l’époque en ajoutait sa couche de peinture pas tenable lors du Conclave de Genval (8 et 9 juin 2016)  en déclarant qu’à l’UNC tout était au beau fixe, tout allait bien au sein de son ex-formation politique alors que des profondes dissensions la minaient en interne. Nul n’est sans ignorer cette propension de mainmise des ressortissants de l’Est du pays qui considèrent l’UNC comme étant «leur affaire» en marginalisant les autres. Oubliant ainsi qu’une partie importante des députés de ce parti au sein de l’actuel parlement est issue des autres provinces du pays. Ce qui avait réussi à faire de l’UNC un parti politique aux dimensions presque nationales.

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Des liaisons politiques dangereuses et troubles.  Si d’aucuns parlent des liaisons dangereuses et troubles du président de l’UNC lorsqu’il était membre fondateur de La Dynamique de l’opposition, d’autres ne s’en étonnent même pas; expliquant que sa position actuelle n’est qu’un retour au bercail auprès de la Majorité Présidentielle (MP) dont il ne s’est jamais départi en réalité, les images de sa complicité avec les membres de la MP étant plus claires au Dialogue de la Cité de l’UA. Afriwave.com relevait déjà encore cette situation dans son article du 18 août dernier (Vital Kamerhe et l’UNC, un jeu politique dangereux et trouble https://www.afriwave.com/?p=630 ).

Personne n’est sans ignorer le rôle plus qu’actif joué par Kamerhe lors des manifestations de janvier 2015 ayant causées près d’une cinquantaine des morts et auxquelles il en avait appelé à l’organisation. Et ce, pour barrer la route à toute révision constitutionnelle devant ouvrir la route au troisième mandat du président Kabila parvenu au terme de son deuxième et dernier mandat constitutionnel.

Et la presse internationale de s’y mêle

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A ceux qui l’accusent aujourd’hui de traîtrise face à la grande famille de la Dynamique de l’opposition dont il fut fondateur et à laquelle il était censé appartenir, Kamerhe répond et demande qu’on le respecte comme il respecte les autres. Ce, en ne manquant de lancer un pic à ses anciens collègues en relevant que les FARC (Forces Armées Révolutionnaires de la Colombie) ont combattu 40 ans pour enfin revenir à la table des négociations avec le régime colombien. Quel rapport y a-t-il entre le cas colombien et celui  de la RD Congo lorsque on sait que la majorité des opposants en dehors du Dialogue n’ont jamais pris des armes contre le pouvoir de Joseph Kabila…

La grande interrogation qui se posent à tous est celle de savoir jusqu’où ira Vital Kamerhe et son parti maintenant que ses anciens collègues le quittent un a à un  et que la MP commence à s’impatienter ? Que lui avait-t-on promis par cette même MP pour la fin du Dialogue ?  Dialogue qui aura au moins permis de faire tomber les masques pour faire voir qui est qui au sein de l’opposition et confirmer encore une situation politique plus que compliquée.

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