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Congo-Brazza, un Dialogue politique inclusif improbable

De Dakar au Sénégal à Kinshasa en RD Congo en passant par le Congo-Brazza en face, un terme est aujourd’hui à la mode : Dialogue, politique ou social ou encore inclusif entre l’opposition et les régimes en place; et chacune des parties en présence selon les but et terme qui l’arrangerait. C’est ce chemin de Dialogue qui semble se profiler en République du Congo depuis la réélection de Denis Sassou Nguesso à la présidence du pays pour un troisième mandat plus que contesté. Dans un Twitte daté du 5 avril 2016, Charles Zacharie Bowao, coordonnateur du Frocad/IDF (Front républicain pour le respect de l’ordre constitutionnel et l’alternance démocratique-Initiative pour la démocratie au Congo), coalition de l’opposition au Congo-Brazzaville, plaidait déjà en ce sens-là et invitait du reste la communauté internationale à agir pour la tenue d’un dialogue politique dans le pays.

Si le principe est acté, les deux camps brazzavillois ne sont d’accord ni sur les préalables, encore moins sur la formule de cette rencontre. Le pouvoir exigeant de l’opposition la reconnaissance de la victoire présidentielle de Sassou et rechignant sur une quelconque immiscions internationale en terme de médiation. Côté opposition, c’est d’abord la libération des militants emprisonnés et la fin des tracasseries judiciaires  qu’on exige. Comme à Kinshasa, l’opposition en République du Congo réclame également la supervision de l’ONU, de l’UE et de l’OIF dans ce Dialogue et de  préférence hors du Congo; conditions inacceptables pour Brazzaville

L‘inculpation du Général Jean-Marie Michel Mokoko, candidat malheureux à la présidentielle du 20 mars 2016 pour atteinte à la sûreté intérieure de l’État, détention illégale d’armes et munitions de guerre  ainsi que des faits d’une vidéo tournée en France dans les années 2007 dans laquelle il projetait le renversement de Denis Sassou Nguesso ne saura apaisé la situation. Sa détention provisoire actuelle depuis le 14 juin 2016 à la maison d’arrêt de Brazzaville et les poursuites contre le fugitif pasteur Ntumi ne constituent pas un bon présage pour l’avenir de ce Dialogue.

Pourtant, dans un entretien filmé accordé à l’AFP en mars dernier, le général Mokoko avait indiqué qu’il s’était fait piéger dans cette affaire de vidéo, ajoutant que la question avait même été réglée en famille avec le président Sassou Nguesso avec qui il a travaillé comme responsable de l’armée. Il faut rappeler que depuis l’élection présidentielle du 20 mars 2016 lors de laquelle il avait récolté 14% des voix, le Général Mokoko vivait en résidence surveillée dans sa maison du centre-ville de Brazzaville. «L’arrestation du général Mokoko est une affaire préoccupante et très embarrassante qui crée des problèmes et de la morosité en politique. Le général connaît un harcèlement depuis qu’il a fait une bonne campagne et obtenu de bons résultats à la dernière présidentielle», déclarait Clément Miérassa, président du Parti Social Démocrate Congolais (PSDC) dans l’opposition.

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