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Vital Kamerhe et l’UNC, vers une implosion assurée ?

L’Union pour la Nation Congolaise (UNC), parti politique cher à Vital Kamerhe et membre de premier plan de la Dynamique de l’Opposition serait-il en danger d’une implosion imminente ? C’est la question qui taraude le microcosme politique de Kinshasa depuis que le comportement de certains de ses cadres dirigeants exaspère plus d’un. Il se raconterait que ces cadres pensent que ce parti politique est «une affaire des ressortissants de l’Est du pays» dont le président est originaire.

Pourtant, lors de la création du dit parti, les équilibres régionaux semblaient bien respectés avec un président Vital Kamerhe originaire du Kivu, un SG Bertrand Ewanga de l’ancienne province de l’Equateur, le numéro 3 et Secrétaire national chargé de l’implantation devenu SG adjoint du parti Claudel Lubaya originaire de l’ancienne province du Kasaï Occidental. Cette situation avait permis au parti d’obtenir ses premiers députés nationaux aux élections de novembre 2011 à travers les provinces de l’Equateur, des Kasaï Oriental et Occidental et des Kivu.

Les soubresauts actuels de l’UNC commencent avec «L’Affaire Justin Bitakwira» en mai 2014 si on peut ainsi le rappeler. Député élu d’Uvira au Sud-Kivu et Président du Groupe parlementaire UNC et Alliés, Bitakwira commençait à afficher une attitude ambigüe en rapport à sa loyauté vis-à-vis de son parti et ses camarades. Disant vouloir se «consacrer aux activités de sa fondation» alors que ses collègues le soupçonnait d’un rapprochement avec le camp du président Joseph Kabila; Justin Bitakwira a fini par donner raison à ses anciens coéquipiers. En compagnie de son collègue député national et nouvel allié Steve Mbikayi du Parti Travailliste, ils se sont révélés proches des aspirations du gouvernement lors des tractations pour la tenue du Dialogue national inclusif voulu par le président Kabila. Ce qui du reste leur valu l’exclusion de leur propre groupe parlementaire en date du 10 juin 2015 dernier.

Faudra-t-il le rappeler ici qu’alors qu’il n’était pas celui qui intervenait le plus au parlement au nom de son groupe parlementaire et de son parti, Bitakwira a occupé pourtant la stratégique place de président simplement par le fait qu’il serait de l’Est par la volonté de son président national Vital Kamerhe qui veut tout contrôler. Exclu du parti mais reprochant radicalisme et extrémisme aveugle à ses anciens amis, Bitakwira avait pourtant tiré avantages et profit de sa position. Aujourd’hui, il tire sur tout ce qui bouge au sein du parti, allant à comparer même certains cadres aux «grenouilles qui veulent souvent se faire gros comme un bœuf».

En lançant officiellement à Kinshasa le 04 juin 2016 son propre parti L’Alliance pour la République et la Conscience Nationale qu’il voit très bientôt au pouvoir et à tous les niveaux, Bitakwira  franchi son rubicond. Se définissant comme un parti du redressement (politique, économique et social), les observateurs attendent pour voir dans quel camp il se rangera. Faute d’être retenu dans le comité préparatoire du Dialogue national qu’il a «maudit», il a tout de même annoncé son intention de lancer un cercle de réflexion autour de la dite rencontre qui réunira politiques, personnalités et société civile.

L’affaire Claudel Lubaya, Ewanga et consorts

Les remous au sein de l’UNC sont aujourd’hui quotidiens. Le dernier en date est l’invitation lancée par l’UDPS à l’opposition congolaise pour un Conclave dit politique du 7 au 9 juin 2016 à Bruxelles autours d’Etienne Tshisekedi. Le parti cher à Kamerhe, un des piliers de la Dynamique de l’opposition s’y est opposé bien que le SG Ewanga et le SG adjoint Claudel Lubaya y seront à titre personnel. Déjà une semaine plutôt, les rumeurs annonçaient déjà les départs du même Ewanga invisible aux réunions du parti depuis un bon bout de temps ainsi que Mme Babandoa. Démenti formel de Kamerhe via un twitte  (Le Sg Ewanga et mme Babandoa demeurent bel et bien dans leurs fonctions au sein du Parti. Pas de fait de Prince à L’UNC #RDC #YEBELA Vital Kamerhe (@VitalKamerhe1) 30 mai 2016) et interventions de  Baudouin Mayo dans les médias pour éteindre le feu qui couvait.

Pourtant encore, la même semaine c’était ce qu’on peut appeler «l’affaire Lubaya contre Télé 50» avait éclatée. Cette chaine de télévision proche du pouvoir annonçait partant de l’UNC le député élu de Kananga, un des fondateurs et tête pensante. Sanglant démenti du concerné dans une réflexion à haute voix intitulée Ma profession de foi. Sur sa page Facebook, il recadre la Télé Rumeur comme il la qualifie lui-même en des termes durs : «Pour ma part, je tiens à préciser à Télé Rumeur que je n’ai jamais adhéré à l’UNC. Je l’ai plutôt fondé et c’est à ce titre que j’en suis membre à part entière et que j’y exerce d’importantes responsabilités. Ni Dieu ni personne ne saurait me contredire. L’adhésion à l’UNC comme la démission étant libre et volontaire, je n’ai pas besoin, pour le faire, de laisser place à la rumeur. L’opinion se rappellera qu’en son temps, j’avais démissionné du PPRD, de façon responsable et mesurée. Homme d’Etat et de principe, je reste attaché à ma liberté qui est sacrée. Je garde entière mon indépendance d’esprit que je ne suis pas prêt à négocier ni à aliéner. J’ai appris à assumer mes choix avec courage et responsabilité. Le jour où, répondant à l’appel du destin, je me serai trouvé dans la pénible obligation de prendre congé de l’UNC, je ne le ferai pas en catimini, j’en tiendrai l’opinion informée, par respect pour les innombrables compatriotes qui font confiance à ma modeste personne».

Tout en disant sa reconnaissance à l’égard «des compatriotes désabusés par ce mensonge de Télé Rumeur émettant du Yémen sur le continent africain», il ne manque pas de lancer une pique contre «une chaîne qui excelle dans la manipulation» et son patron en se disant «ulcéré de constater qu’elle (la chaine) est pilotée par un personnage qui assume d’importantes charges au sein de l’organe de régulation et d’encadrement de la profession journalistique et qui, hélas, n’a cure, dans sa pratique, du respect des règles élémentaires de déontologie qui régissent la profession».

Ancien gouverneur de la province unifiée du Kasaï Occidental huit ans durant et député élu de la ville de Kananga depuis presque dix ans, Claudel Lubaya n’est autre que le fils d’André Guillaume Lubaya, lui-même ancien député, gouverneur et ministre dans les années 1960. Son parti politique l’UDA (Union Démocratique Africaine) vient de renaitre par la volonté de ses anciens partisans et nouveaux adhérant qui veulent perpétuer sa mémoire et son combat politique. Son fils Claudel qui a repris le flambeau espère-t-il ou voit-il des nouveaux horizons pendant que le SG Ewanga et Madame Babandoa sont sur la sellette ? C’est le temps qui nous dira !

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