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Américains et Européens sanctionnent de nouveau les officiels congolais

L’étau qui se resserre. L’étau serait-il en train de se resserrer autour du régime de Joseph Kabila à une semaine de la fin de son deuxième et dernier mandat constitutionnel de chef de l’Etat ? La question demeure sur toutes les lèvres alors que le climat politique intérieur demeure tendu  pendant qu’à l’extérieur du pays on s’en inquiète. À l’improbable de ce qui risque de se passer le 20 décembre 2016 au matin s’ajoutent aujourd’hui les nouvelles sanctions américaines et européennes contre des responsables congolais proches du président de la République sortant. De mémoire de tous les spécialistes, même la fin du régime Mobutu n’avait pas été soumis à une telle pression politique tant intérieure qu’extérieure.

C’est par sa Décision (PESC) n° 2016/2231 du Conseil du 12 décembre 2016 modifiant la décision 2010/788/PESC concernant l’adoption de mesures restrictives à l’encontre de la République Démocratique du Congo que le Conseil des Ministres des Affaires Etrangères de l’Union Européenne (UE) a décidé, ce lundi 12 décembre 2016; d’imposer des sanctions à l’encontre de certains responsables congolais. Considérées comme des proches du président Kabila et à divers niveaux de responsabilité, ces personnes détiennent entre leurs mains l’appareil sécuritaire du régime. Ces mesures de restriction concernent leur mouvement en matière des déplacements et de gel de leurs avoirs au sein de l’Union Européenne.

Les sept personnes visées par ces sanctions européennes font partie de la chaine de commandement des forces de sécurité du pays. Il s’agit de Ilunga Kampete, Commandant de la Garde Républicaine, Gabriel Amisi Kumba dit Tango four, Commandant de la première zone de défense de l’armée congolaise (FARDC) incluant la ville-capitale Kinshasa, Ferdinand Ilunga Luyoyo, Commandant de l’Unité anti-émeute, Célestin Kanyama, Commissaire de la police nationale congolaise, John Numbi Banza, ancien Inspecteur Général de la police nationale congolaise, Roger Kibelisa, chef du Département de la Sécurité Intérieure de l’Agence Nationale de Renseignements (ANR), et Delphin Kahimbi, chef du Service du Renseignement militaire de la Détection Militaire des Activités Anti-Patrie (ex-Demiap).

Il est reproché notamment à ces responsables d’avoir «fait un usage disproportionné de la force, ce qui  constitue de graves violations des droits de l’Homme et des libertés fondamentales» lors des  manifestations l’opposition les 19 et 20 septembre à Kinshasa. Ces violences avaient causé la mort de plus de cinquante personnes comme le note l’Union Européenne dans son communiqué. Elle en appelle en outre au gouvernement congolais à coopérer à une enquête transparente et indépendante afin de traduire en justice les responsables.

L’officialisation de cette première série des sanctions européennes n’a pas plu au gouvernement congolais qui a dénoncé ce qu’il considère comme une mesure illégale, injuste  et qui procèdent d’une sorte de droit impérial qui est aux antipodes du droit international et la RDC, pays non européen, les condamne et entend les attaquer devant qui de droit a assuré Lambert Mende; Porte-parole du gouvernement. L’UE annonce même et prévient que d’autres mesures restrictives supplémentaires pourraient suivre en cas d’obstruction du processus politique ou de nouvelles violences.

Rappelons que ces sanctions attendues arrivent au moment où un nouveau round des discussions  se déroule entre la Majorité au pouvoir à Kinshasa et son Opposition sous la conduite de l’Eglise catholique. L’UE qui se dit gravement préoccupée par la situation indique suivre avec une attention accrue l’évolution politique cruciale que connaîtra le pays dans les prochaines semaines. L’aboutissement de ce nouveau dialogue devant intervenir au plus tard vendredi 16 décembre 2016 à  trois jours du 19 décembre 23016 qui marque la fin du deuxième et dernier mandat constitutionnel de Joseph Kabila.

Les américains dénoncent la corruption et le trafic illégal des minerais

Des nouvelles sanctions américaines ont visé deux nouveaux responsables congolais comme l’a révélé ce lundi 12 décembre 2016 un communiqué du Département du Trésor américain. Comme dans la rhétorique habituelle, les avoirs des deux hommes (si avoirs existent) se trouvant sous la juridiction des États-Unis sont gelés et les citoyens américains ont interdiction de mener des transactions avec eux. Il s’agit d’Évariste Boshab, vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, et Kalev Mutond, numéro UN et chef de l’Agence Nationale de Renseignement (ANR). Pour le gouvernement américain, ces deux personnes sont coupables de mise en danger des institutions et du processus démocratique en RD Congo.

D’autres responsables comme le général Gabriel Amisi Kumba, alias Tango four, l’ancien Inspecteur Général de la police congolaise, le général John Numbi Banza et le général  Célestin Kanyama Tshishiku Bilolo, chef de la police de Kinshasa;  sont déjà sous le coup des mêmes sanctions américaines. Il leur tous reprochés par les États-Unis le fait de «menacer les institutions et de nuire au processus démocratique», notamment la corruption des parlementaires en échange de leur ralliement à la prolongation du mandat de Joseph Kabila au-delà de la date du 19 décembre 2016 dans le chef de Boshab. Kalev Mutond aurait quant à lui ordonné des écoutes de l’opposition et serait impliqué dans la répression de manifestations et dans l’emprisonnement extrajudiciaire d’opposants s’il n’est pas lié au trafic illégal de minerais, ajoute le communiqué du Trésor américain.

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