home Analyses, Diaspora, Opinion, Politique, RD Congo, Régions, Société Meeting du Rassemblement du 5 Novembre 2016 à Kinshasa : péripéties d’une journée étouffée, un nouveau rendez-vous fixé au 19 novembre…

Meeting du Rassemblement du 5 Novembre 2016 à Kinshasa : péripéties d’une journée étouffée, un nouveau rendez-vous fixé au 19 novembre…

La journée du 5 novembre 2016 redoutée comme celle de tous les dangers avec le meeting annoncé du Rassemblement des Forces Politiques et Sociales acquises au changement aura tournée court. Etienne Tshisekedi wa Mulumba, son président du Conseil des sages n’a pu sortir de chez lui, sa résidence comme le siège de son parti l’UDPS dans la commune urbaine de Limete étant cernés et interdits d’accès ou de sorties par un dispositif impressionnant des forces de police. Il en sera aussi de même pour les sièges des autres partis membres du Rassemblement non loin de l’Esplanade du Boulevard Triomphal; endroit supposé recevoir le meeting de l’opposition.

A cette place et pour l’histoire, il y sera joué un des matchs de foot le plus long du pays sans que l’on ne sache quelles équipes s’affrontaient et à l’occasion de quelles circonstances. Certaines langues avançant qu’il s’agissait des policiers déguisés en joueurs et aux dires de certains policiers eux-mêmes, c’est la hiérarchie (terme pour désigner les responsables du pouvoir) qui a ordonné la  réservation du lieu pour la partie de foot.

Pour une journée que certains ont qualifié d’un samedi ordinairement apaisé, tranquille et qui laissait place à la vadrouille, tout avait pourtant bien été orchestré depuis vendredi 4 novembre en pleine nuit : déploiement massif des forces de la police et de l’armée dans les endroits stratégiques de la capitale en vue de contraindre et d’empêcher la manifestation interdite par les autorités de la ville. Quelques affrontements vite dispersés à coup des gaz lacrymogène du côté de Limete seront signalés entre militants de l’opposition et forces de police. Sonia Rolley@soniarolley#RDC@radiookapi brouillée, @RFI coupée, manifestation dispersée http://rfi.my/2ep1Buy via @RFIAfrique 13:36-6 Nov 2016. Son signal étant coupé sur 105.0 FM à Kinshasa, RFI redirigeaient ses auditeurs sur sa fréquence 93.2 FM de l’autre sur l’autre rive du fleuve au Congo-Brazzaville.

Dans la foulée de cette journée mouvementée, les services de sécurité annonçait avoir procédé à deux arrestations dont celle d’un certain Héritier Bopoko Lifula Mokato, présenté dans le communiqué du gouvernement congolais comme un personnage dangereux, recherché par la police pour avoir commandité le pillage des armes et munitions de guerre dans les nombreux sous commissariats de police lors des évènements des 19 et 20 septembre 2016. De plus, il serait identifié comme un repris de justice ancien artificier au sein des forces de défense de la RDC d’où il a été naguère dûment renvoyé, ait été présenté comme le principal animateur d’une structure politique dénommée Forces de progrès et de défense de la jeunesse de l’UDPS». Sûrement un mélange de genre savant dont Lambert Mende connait seul la verve oratoire.

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Radio Okapi et RFI réduits à leur simple expression

Signe de nervosité ambiante traductrice d’une certaine peur et d’une incohérence au sein du gouvernement,  sans s’en référé à l’autorité de régulation; un groupe des personnes a pris la même nuit du 5 novembre, la lourde décision de couper carrément le signal de Radio France Internationale (RFI) en bande FM et brouiller celui de la Radio onusienne Okapi à Kinshasa tout comme à Lubumbashi. Ces deux villes étant considérées comme les bastions durs de l’opposition. Jusqu’à ce mardi 8 novembre, les émissions de RFI demeurent toujours inaccessibles.

Interrogé déjà dimanche 6 novembre, Thomas Luhaka, Vice-premier ministre et ministre des Postes, Télécommunications, Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication, reconnaissait avoir été informé du problème et avoir saisi l’Autorité de Régulation des Postes et Télécommunications du Congo (ARPTC), l’organe habilité à résoudre ce genre de problème. Et pour justifier cette forfaiture, Lambert Mende expliquait cette coupure du signal  par le fait que RFI se serait  transformée en attachée de presse des organisateurs du meeting du Rassemblement (Habibou Bangré ‏@Habibou_Bangre  #RDC-coupure @RFI: pour autorités locales Kin et Lshi, “RFI s’est transformée en attachée de presse organisateurs meeting @rassopp” (Mende). Le signal RFI reste toujours coupé ainsi que celui de Radio Okapi brouillé…

Malgré toutes les protestations notamment celles de l’ONU par son Bureau chargé des Droits de l’Homme à Kinshasa, (UN Human Rights DRC @unjhro Couper fréquences RFI & Radio Okapi: contraire à article 19 déclaration universelle #droitsdelhomme liberté d’expression droit à l’info #RDC) aucune autres explications à ces perturbations n’ont été données par les autorités congolaises. Charles Bambara, porte-parole de la Monusco  trouvait cela dommage qu’une radio comme Radio Okapi, qui est au service du peuple congolais, soit brouillée tout en déplorant aussi le fait que le signal de Radio France Internationale, qui émet sur Kinshasa, ait également été coupé sans savoir de qui et d’où cela vient.

D’aucuns pensent que la réaction disproportionnée du régime congolais serait consécutive à la prise de position ferme du Représentant spécial du Secrétaire Général de l’ONU en RDC, Maman Sambo Sidikou qui en avait appelé vendredi 4 novembre que tous les acteurs politiques en RDC devaient respecter les lois de la République qui garantissent les libertés de manifestation et de réunion, et les libertés d’expression qui sont les conditions indispensables pour une démocratie.

Majorité présidentielle contre Opposition, des points de vue divergents

Dans sa déclaration du 5 novembre signé par son porte-parole André-Alain Atundu Liongo la MP accuse carrément les délégués de l’ONU de soutenir le Rassemblement : «L’allure discriminatoire de cette déclaration qui ne vise manifestement qu’à soutenir le Rassemblement, risque d’une part, de radicaliser ce mouvement qui vise en réalité à défier l’autorité de l’Etat au mépris des droits fondamentaux de la personne humaine, d’autres part, de créer une tension inutile et hautement préjudiciable entre les forces de l’ordre et les militants du Rassemblement… En effet, lorsque, par deux fois, l’autorité urbaine de la ville de Kinshasa a interdit à la Majorité présidentielle d’organiser ses manifestations politiques de masse, prévues et portées à sa connaissance, aucune voix ne s’est levée pour plaider la cause de la Majorité présidentielle…».

En effet, pour la MP, les propos de la délégation des Nations unies sont inopportuns et ne contribuent pas à l’instauration d’apaisement. Elle considère par ailleurs que ces interventions sapent les efforts du président Kabila qui d’après elle, travaille pour la normalisation du processus démocratique dans le pays.

Pour sa part et la non-tenue du meeting du Rassemblement, l’opposition estime que ce n’est nullement un quelconque échec mais une exposition de la peur du camp présidentiel et une mise à nu de ses intentions de faire recours à une extrême violence pour se maintenir à tout prix au pouvoir. Comme résultat, la Monusco n’avait pas hésité de briser le blocus de la résidence de Tshisekedi en y amenant les cadres du Rassemblement pour une réunion, ce qu’avait dénoncé fermement la MP.

Une démocratie digne de Gondwana

Dans un twett ravageur au sens propre comme au figuré, le député UNC de Basankusu Sam Bokolombe Batuli dans l’ancienne province d’Equateur unifiée, pourtant proche de la majorité au pouvoir écrit : ‏@SamBokolombeBat #RDC. En démocratie tropicale, les forces de l’ordre jouent au football aux lieux où sont programmées les manifestations de l’opposition. Interrogé à expliquer cette démocratie tropicale, il poursuit : C’est une démocratie qui n’en est pas une. Elle est en fac-similé, pas authentique. C’est le modèle en vigueur au Gondwana. Est-ce clair conclut-il en questionnant.

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