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RDC : La première journée ville morte sur appel de l’opposition diversement suivie dans le pays

La première journée ville morte du mardi 8 août 2017 décrétée par l’opposition radicale a été diversement suivi tant à Kinshasa que dans le reste du pays.  Une deuxième journée étant prévue pour demain mercredi 9 août 2017 ; ce dans le cadre d’une série des protestations faisant partie d’un programme d’action annoncé par le Rassemblement de l’opposition pour obtenir le départ du président Kabila. Un grand meeting populaire est programmé pour le 20 août 2017 avant le début d’une désobéissance civile à partir du 1er octobre 2017.

La population du pays est ainsi appelée à rester à la maison pour mettre plus de pression sur le régime afin de faire convoquer les élections en fin d’année comme convenu dans l’Accord politique du 31 décembre 2016. Ce qui a fait que les activités ont tourné plus au ralenti que d’habitude. « Tout est fermé, la ville est paralysée. C’est pour que le président de la Commission électorale Corneille Nangaa sorte un calendrier global pour les élections » expliquait d’un ton moqueur un Kinois. Ce qui n’a pas manqué de faire ironiser un des leaders du Rassemblement et président du parti UDA-O Claudel Lubaya à l’endroit du pouvoir : « Lubaya Claudel André‏ @LubayaClaudel  Le 31/07, vous nous aviez empêchés de marcher pacifiquement. Ce 08 août, nous vous avons empêchés de vous pavaner. Ce n’est qu’un avertissement ».

Banques, commerces et certaines administrations sont restés portes fermées alors qu’un imposant dispositif sécuritaire quadrillé tous les coins stratégiques dans Kinshasa. Et ce, au lendemain des troubles qui ont fait une douzaine des morts dans la capitale suite aux affrontements entre forces de sécurité et manifestants présumés adeptes de Bundu Dia Kongo. Dans le sillage de ces faits, la nuit du 7 au 8 Août 2017 ; les militaires auraient pillé une boutique de vente des téléphones à N’Djili en face de la station d’essence Sainte-Thérèse selon des témoins.

 Echo des provinces

Lubumbashi, chef-lieu de la province du Haut-Katanga et l’un des centres économiques du pays ; outre quelques échauffourées signalées entre badauds rapidement dispersés dans les quartiers proches de l’opposition comme à la Kenya, les choses sont restées plutôt calmes dans un aspect ordinaire avec une forte réduction des activités notées que d’habitude.

A Goma, capitale de la province du Nord-Kivu dans l’Est du pays, un déploiement important de la police anti-émeute était visible aux grands carrefours. Les quelques dizaines de jeunes ayant tenté de barricader les rues avec des pierres ont vite étaient dispersés à coup des grenades lacrymogènes. La situation était également presque normale à Bunia et Butembo. Dans le Sud-Kivu à Bukavu, Fizi et Uvira ; l’on signalait une perturbation des activités sans beaucoup des troubles

A Kananga, principale ville du Kasaï, région où sévit une violence larvée depuis un an ; les banques, stations-service et autres commerces ont fonctionnés, selon des témoins sur place. Il en était aussi le cas à Bunia et Kisangani dans la province Orientale.

Cette première journée ville morte à l’appel de l’opposition a coïncidé avec la première restriction sur les réseaux sociaux par le gouvernement. A la veille de cette journée, les cinq opérateurs de téléphonie mobile dans le pays ont été priés de prendre des « mesures techniques préventives susceptibles de réduire au strict minimum la capacité de transmission des images » sur la toile. C’est une lettre de l’Autorité de Régulation des Postes et Télécommunications du Congo (ARPTC) qui listait les 18 réseaux sociaux concernés dont Facebook, Whatsapp, Twitter, Google+, LinkedIn, Badoo…

Lire aussi : RDC : Internet et réseaux sociaux sous haute surveillance présidentielle https://www.afriwave.com/?p=4436

CRÉDIT IMAGES JT TV5 MONDE AFRIQUE

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