home Politique, RD Congo KINSHASA : Le Troisième Congrès du MLC se tient sans Jean-Pierre Bemba

KINSHASA : Le Troisième Congrès du MLC se tient sans Jean-Pierre Bemba

C’est sans Jean-Pierre Bemba Gombo absent et pourtant présent dans tous les esprits et discours annoncé que les travaux du 3ème Congrès extraordinaire du Mouvement de Libération du Congo (MLC) ont été ouverts par sa Secrétaire Générale Eve Bazaiba Masudi. C’est pour la troisième fois que le MLC tient son congrès après celui de 2006 et de 2011, nombreux militants venus de l’intérieur tout comme de l’extérieur du pays y participent.

Quant au président du parti, condamné à 18 ans de prison en première instance par la Cour Pénale Internationale (CPI) pour les présumées exactions de son armée de libération du Congo en Centrafrique en 2002 et 2003 mais acquitté en appel le 08 juin 2018 ; il est en liberté provisoire après dix ans d’incarcération à La Haye. Il est pourtant resté pour l’instant en Belgique où il vit en attendant une décision finale sur sa peine dans la deuxième affaire dite de subornation des témoins pour les jours à venir.

Sous le thème de « La Requalification et l’Orientation du parti pour une alternance crédible », la session des deux jours se déroule au Centre Catholique Nganda de la commune de Kintambo dans la capitale Kinshasa. Les élections législatives, provinciales et présidentielle à venir étant au cœur même de ce congrès du parti.

Absent des travaux de Kinshasa et catholique pratiquant, l’ancien vice-président de la République et président du MLC serait signalé depuis le mercredi 11 juillet 2018 du côté de Rome en Italie pour une rencontre avec le pape François au Vatican, ce dernier dont on dit qu’il se serait personnellement impliqué dans sa libération.

Aux participants du congrès, Mme Bazaiba a recommandé du « sérieux » dans les travaux ; notamment sur les critères de sélection des candidats pour tous les scrutins. Elle a du reste proposé qu’un seuil électoral soit instauré au sein du MLC dans chaque circonscription pour « permettre au directoire du parti de disposer d’un véritable tableau de bord pour les échéances prochaines ».

Outre les discours de circonstance, le premier jour des travaux était marqué par la présence des invités de marque dont ce que regorge l’opposition comme Félix Tshisekedi de l’UDPS, Vital Kamerhe de l’UNC, le SG d’Ensemble katumbiste Delly Sesanga, Adolphe Muzito du Palu et surtout celle insolite du parti au pouvoir le PPRD par Emmanuel Ramazani Shadari et Alain Atundu Liongo. Mais aussi d’autres dirigeants politiques à l’instar d’Adam Bombole, Jean-Claude Vuemba, Gilbert Kiakwama, Jean-Baptiste Bomanza etc.

Lire aussi : RDC : Le Mouvement de Libération du Congo en Congrès les 12 et 13 juillet 2018 http://www.afriwave.com/2018/06/11/rdc-le-mouvement-de-liberation-du-congo-en-congres-les-12-et-13-juillet-2018/

Affichant clairement les ambitions du parti, Eve Bazaiba a déclaré que le « MLC est debout et apte à conquérir le pouvoir de manière démocratique » et que malgré l’absence de son chairman, « Concrètement, au cours de ce congrès, le MLC va investir son candidat président de la République » qui ne pourra être que Jean-Pierre Bemba du reste plébiscité candidat à la présidentielle malgré le fait que le sénateur et ancien vice-président de la République attend toujours d’être fixé sur sa peine au sujet de l’affaire de subornation des témoins à la CPI.

Fustigeant ce qu’elle qualifie « d’intrusion illégale de la machine à voter » dans le processus électoral, la SG du MLC n’a pas manqué de critiquer sèchement  « la qualité de l’actuel fichier électoral » avec environ 10 millions d’enrôlés considérés comme fictifs. Ce qui n’empêche son parti de concourir à ces élections pour les gagner et ainsi offrir une alternance politique crédible au pays dit-elle.

A l’opposition politique massivement présente, la SG du MLC a émis « le vœu de la voir arriver à parler le même langage afin de désigner un candidat commun pour la présidentielle ». Sur l’acquittement surprise de Jean-Pierre Bemba, Bazaiba s’est dit qu’il s’agissait là du triomphe de « la justice divine qui a pris le dessus sur celle humaine ».

Roger DIKU et Thaddée Luaba Wa Ba Mabungi

 

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